Écouter la jeunesse

Dans L’école de l’impossible, Thierry Michel dévoile, sans fard mais avec bienveillance, le quotidien d’une école secondaire.

L’école de l’impossible Les films de la passerelle
Diffusion le lundi 1er à 21h05 sur La Trois

Le documentaire en milieu scolaire, c’est quasi un genre en soi. Un genre fécond, qui a déjà produit des merveilles, tout particulièrement chez nous. Parmi les meilleurs que l’on ait vus, on comptait déjà le multiprimé Les enfants du hasard (2017), durant lequel Thierry Michel filmait une année dans une petite école communale d’une ancienne cité minière. L’école de l’impossible apparaît quasi comme une suite… Le réalisateur de Mobutu roi du Zaïre et L’homme qui répare les femmes s’est cette fois-ci immergé au Collège Saint-Martin, une école secondaire multiculturelle.

Comme dans la classe de Madame Brigitte du film précédent, l’enseignement y est pratiqué dans la bienveillance (mais pas sans cadre). “La pédagogie est un sport de combat contre la fatalité et l’injustice.” Cette citation de l’indispensable Philippe Meirieu clôt le documentaire et en résume aussi bien le contenu que le message. Ici, les élèves ont souvent derrière eux des années de galère, vivent dans des contextes difficiles. Ce sont des blocs de tensions, d’appréhensions et d’expériences douloureuses, qui arrivent là, parfois, “pour une dernière chance”.

Thierry Michel y est resté toute une année scolaire, un an de défis, de crises, de drames et surtout d’écoute, d’efforts et d’engagement. Les scènes de vie quotidienne alternent avec des interviews d’élèves. L’auteur réussit à capter des moments vrais, qui disent tout sans raconter: le bonjour matinal du directeur aux élèves dans la cour, le moment d’écoute qui suit la bagarre, la joie de la jeune fille qui a réussi en fin d’année et se précipite pour le dire à ses profs, avant même de prévenir sa maman. Ici, on y croit, à l’ascenseur social, à l’école de la réussite, à la nécessité de considérer les adolescents comme des personnes. Ça pourrait être un condensé d’histoires tristes, le récit d’une faillite de la société à aider ses enfants. C’est un film lumineux jusque dans ses moments sombres.

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