Serre-moi fort

En explorant le rôle du toucher, de la caresse, du câlin, deux documentaires racontent notre ultra-postmoderne solitude.

À fleur de peau: Une histoire des caresses, câlins et autres étreintes  Arte
Diffusion le dimanche 28 à 23h05 sur Arte

Que quelqu’un ligote Franck Vandenbroucke et Marc Van Ranst devant une télé, pour les obliger à voir ces docus d’Arte! Hélas reléguées en dernière partie de soirée, ces deux productions démontrent combien l’être humain a besoin de contacts physiques. De toucher et d’être touché. Le pouvoir des caresses, le toucher, un contact vital (mercredi, à 1h05) explore le sujet du point de vue de la psychologie et des neurosciences en général. S’il commence par enfoncer des portes ouvertes (le nourrisson a besoin d’être câliné, c’est par la peau qu’il découvre le monde et se rassure…), il passe très vite aux recherches les plus actuelles qui, elles, nous ouvrent de nombreuses perspectives et de champs de réflexion personnelle.

Ainsi, l’on apprendra qu’il existe un réseau de fibres nerveuses, sous l’épiderme, dédiées au toucher agréable… Notre peau est programmée pour réagir et décoder tout type de contact. Mais ces neurones-là, sont directement connectés aux zones de la conscience de soi et du lien social. Elles sont plus nombreuses sur le dos (zone que nous ne pouvons pas palper nous-mêmes, à moins d’être contorsionnistes). Au fil des interventions des chercheurs (de Suède, France, Allemagne…), on comprend aussi que ce n’est pas tant l’artificialité des relations par écran interposé, ou les pannes de wifi, qui nuisent à la connexion en temps de pandémie, mais bien l’impossibilité de lier les gestes à la parole.

La solitude, l’absence de lien physique réel, sont selon eux aussi nuisibles que le tabac, l’alcool ou le diabète… Et ce sens a besoin d’être stimulé à tous les âges (la perception du toucher agréable est d’ailleurs le seul sens qui ne diminue pas avec les années). C’est aussi le message de l’autre film, À fleur de peau, une histoire de caresses, câlins et autres étreintes. Ici, on sort très vite des données scientifiques pour explorer les dimensions culturelles, sociétales et philosophiques du toucher dans l’histoire de l’humanité. La codification des contacts, la façon dont on représente le toucher, en disent beaucoup sur le rapport à l’autre. Et rappellent, elles aussi, combien il est vital de s’étreindre.

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