Le film du jour : 1917

Sam Mendes (Skyfall, American Beauty) signe LE film sur la Première Guerre mondiale qui mérite de trôner dans vos dévédéthèques auprès des Sentiers de la gloire de Kubrick.

1917 Prod.
Diffusion le samedi 27 à 20h30 sur Be 1

Printemps 1917. Un régiment anglais est sur le point de tomber dans les mailles d’un piège tendu par les Allemands. À moins… À moins qu’une mission suicide de soldats britanniques à l’intérieur des lignes ennemies ne parvienne à les avertir du danger. Pour s’y coller, deux tout jeunes troufions, dont le frère d’un des 1600 camarades que les “Boches” s’apprêtent à massacrer… C’est inspiré par les souvenirs de guerre de son grand-père que Sam Mendes (American Beauty) s’est emparé d’un conflit assez rarement montré au 7e art, la “Grande Guerre”, celle des Poilus, de Tardi, des tranchées, la boucherie à ciel ouvert où s’engouffra le destin tragique de toute une humanité cinq années durant.

À l’inverse de Jarhead, son grand film de guerre immobile, Mendes nous attrape par le col, pour suivre dans le feu de l’action nos deux gaillards au moyen d’une technique un chouïa démonstrativement virtuose, mais qui ici s’adapte parfaitement à son sujet: celle du faux plan séquence de deux heures (qui donne l’impression que le film a été tourné en un plan sans la moindre coupure, le moindre montage, comme par exemple les récents Birdman, Victoria…). Inutile de dire que dès les premières images dans la boue, nous sommes scotchés aux bottines des valeureux Schofield et Blake pour ne plus les lâcher durant la totalité de leur périple éprouvant.

Articulant avec génie les notions d’espace et de temps (ce filmage “ininterrompu” sert cette impression de durée réelle), 1917 n’est assurément pas qu’un magnifique objet technique éclairé par l’un des plus grand chefs-op vivants, Roger Deadkins, collaborateur attitré des frères Coen. C’est aussi un très grand film de cinéma qui réussit le pari étonnant d’allier le spectacle de la guerre (avec ses moments de tension admirablement ménagés) et sa remise en question fondamentale au gré d’une immersion qui nous laisse littéralement sans voix.

 

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