La magie du son au cinéma

Le son, c’est un peu la respiration du cinéma. Un documentaire nourri de passionnants témoignages de réalisateurs prestigieux et des plus grands sound designer en est une excellente preuve.

Making Waves, la magie du son au cinéma Arte
Diffusion le 12 février à 22h40 sur Arte

Tout génie qu’il était, Chaplin s’est incontestablement trompé lorsqu’il a prétendu que le son au cinéma n’avait aucun avenir… d’autant que les films muets n’ont jamais été totalement muets puisqu’ils étaient toujours accompagnés d’une partition musicale jouée en direct par un pianiste. Et dans cet art cinématographique qui a connu en seulement 125 ans plus de révolutions esthétiques et technologiques qu’aucun autre art, certains visionnaires vont rapidement se rendre compte du pouvoir du son et qu’un film se regarde autant avec les oreilles qu’avec les yeux.

C’est sur cet art de l’illusion et la ribambelle de passionnés qui le pratiquent dans l’ombre que le documentaire Making Waves, la magie du son au cinéma place un coup de projecteur, parce qu’ils le valent bien. Que serait en effet Star Wars sans l’habillage son de Ben Burtt auquel on croit immédiatement comme si on l’entendait de façon toute naturelle, alors même que ce son n’existe pas dans l’espace, ainsi que le rappelle le même Burtt? Que serait Apocalypse Now sans ce bruit de pales d’hélicoptères dont on jurerait ressentir les saccades au bord de l’oreille comme si nous étions projetés dans l’image? Une prouesse rendue possible par le son surround 5.1, ce fameux son “enveloppant” devenu la norme au cinéma.

Racontée par des intervenants passionnants comme Walter Murch (monteur attitré de Coppola et spécialiste du mixage son), Teresa Eckton (monteuse effets sonores d’Il faut sauver le soldat Ryan), Ben Burtt (Star Wars), mais aussi Spielberg, George Lucas, David Lynch… cette fabuleuse histoire du son au cinéma sonne comme un voyage immersif exaltant, passant de l’artisanat du hurlement glaçant du King Kong de 1933 (obtenu par le rugissement d’un tigre au ralenti passé à l’envers sur celui d’un lion) aux sons complexes reconstitués numériquement, mixés… tout cela, toujours avec le même but: démultiplier l’impact émotionnel du spectateur dans une expérience inouïe faite de sons et d’images qu’on appelle “le cinéma ”.

 

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