La rafle du Vel d’Hiv: l’histoire révélée

Focus sur les tenants et aboutissants de l’une des plus grandes rafles de l’Histoire.

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Diffusion le 6 février à 21h00 sur La Trois

Le détail peut avoir son importance. Le nom de “Vel d’Hiv” vient directement du surnom du Vélodrome d’Hiver, temple du sport parisien du début du 20e siècle. En juillet 1942, cette structure d’acier détient 8.160 juifs pendant cinq jours et cinq nuits, sans nourriture, sans eau et sous une chaleur de plomb.

Cette détention fait partie d’une opération plus vaste qui implique l’arrestation de 13.152 juifs en France dont la grande majorité sera acheminée vers les camps de concentration. Ce crime contre l’humanité est entièrement mené par l’État français et plus particulièrement le secrétaire général de la police: René Bousquet.

À l’époque, c’est l’un des hommes les plus puissants de France. “Il est le prototype de ce que l’on appellerait aujourd’hui un technocrate qui est quasiment ce qui se fait de mieux au sein de la haute fonction publique, et qui est brillant”, observe l’historien Tal Bruttmann. Après avoir proposé à Reinhard Heydrich, le directeur de l’Office central de la sûreté du Reich, de lui livrer les juifs qui vivent en zone libre, soit 10.000 de plus que ce que l’Allemand escomptait, Bousquet va faire face à des pressions des chefs de la SS et de la police en France. Il finit par accéder à leurs demandes de faire procéder à l’arrestation de milliers de familles juives. La rafle du Vel d’Hiv peut commencer.

Ce documentaire prenant se base notamment sur les recherches des historiens Serge Klarsfeld et de l’américain Robert Paxton, ainsi que des témoignages de survivants. Annette (12 ans à l’époque), traînée dans la rue dès l’aube ; Jozef (11 ans), emmené avec sa sœur et ses parents ; et Rachel (8 ans), dénoncée par sa concierge. “Tout le long du chemin que nous avons fait, j’ai vu des gens massés aux fenêtres, d’autres sur les trottoirs”, rapporte cette dernière. “J’en ai vu certains faire le signe de croix, les larmes aux yeux. Malgré mes huit ans, j’ai compris que les Parisiens n’étaient pas d’accord quant à notre sort.” 

 

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