Rencontre avec Luc Hennart, le juge de Face au juge

Pilier du programme judiciaire depuis 2015, Luc Hennart se confie, à quelques jours de sa retraite en tant que juge, puisqu'il aura 67 ans fin janvier. Un personnage attachant, passionnant et connu pour son authenticité.

Luc Hennart RTL TVI
Diffusion le 17 janvier à 19h50 sur RTL TVI

Il n’y a donc pas encore vraiment de relâche pour vous, à l’entame de cette nouvelle année…

Luc Hennart: Non, car ma dernière audience se tient le 22 janvier et je dois tout boucler pour la fin du mois, car j’aurai 67 ans le 27. J’aurais pu prolonger, mais j’ai décidé depuis longtemps d’arrêter. Place aux jeunes donc, même si l’évolution globale de notre justice me déçoit, elle qui devient petit à petit – avec tout le respect que je dois à l’administration – une administration comme une autre. Ajoutez à cela qu’on prime la quantité à la qualité des jugements, que l’on applique la justice prédictive, que l’on informatise tout (…). On entre dans quelque chose qui, à mon avis, ne ressemblera plus à la justice telle que je la conçois. Hélas!

Cela dit, on remarque quelques évolutions. Comme l’apparition d’une justice plus humaine et efficace. Soit finalement celle vous incarnez dans Face au juge, non?

L..H.: Tout à fait! Quand je m’exprime comme je le faisais à l’instant, c’est plutôt me montrer lucide et préoccupé que négatif (sourire). La justice illustrée dans Face au juge est en effet une justice à laquelle je crois, parce qu’elle reflète le quotidien et qu’elle évoque des faits commis dans un espace-temps très court. D’ailleurs, avoir pu mettre en place cette procédure accélérée, avec la mobilisation des services de police, du parquet, des juges (…), cela constitue une avancée considérable. Cela fait maintenant sept ans que cette procédure a été mise en place sur Bruxelles et si on n’a pas encore de chiffres exacts, il me semble que la récidive est extrêmement basse!

Cette nouvelle saison a donc été enregistrée pendant les confinements?

L..H.: Oui, après mars. Mais les audiences se sont déroulées sans masque. Pour moi, une audience masquée n’a de toute façon pas de sens. On a évidemment respecté les règles de distanciation, la taille des salles le permettant. Julie (NDLR: Denayer, l’animatrice et productrice de l’émission) a donc pu abondamment filmer, en faisant comme toujours ce qu’elle souhaite. Entre elle et moi, la confiance reste totale. On peut aussi parler d’une belle réussite en ce qui concerne la rencontre entre nos métiers de journaliste et de juge.

Ces épisodes s’inscriraient donc dans la continuité?

L..H.: Oui, mais aussi avec une volonté de se réinventer dans certains détails, car la télévision évolue avec son temps. Après, nous restons des personnages. Mais bon, je suis là-dedans tel que je suis dans la vie, à savoir quelqu’un d’heureux, passionné et authentique. Une des forces de l’émission, c’est que les citoyens puissent mettre des visages sur la magistrature. Tout cela est devenu transparent, et c’est une excellente chose.

Quid de la suite, en ce qui vous concerne?

L..H.: Oh, je ne fais pas de plan, le hasard fait bien les choses. J’ai la chance d’être quelqu’un de simple, qui se contente de peu. Bon, j’aime bien m’amuser. J’ai récemment suivi des cours de danse (swing) et je suis aussi cavalier depuis quelques années. Ce sont deux passions qui peuvent être prenantes. Et d’autres petites choses bien sûr, comme une participation à l’émission Les Visiteurs du soir, sur LN24. Pour l’avenir de Face au Juge, nous verrons. Quant à me représenter sur une liste politique? Pourquoi pas mais là aussi, laissons faire le hasard…

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