Vivien Leigh, cette étoile fragile

Arte propose le portrait émouvant d'une femme en lutte contre ses démons

Vivien Leigh
Diffusion le 3 janvier à 22h55 sur Arte

Lana Turner, Paulette Goddard, Bette Davis, Susan Hayward, Katharine Hepburn et même Lucille Ball, toutes les plus grandes stars américaines ont auditionné pour le rôle mythique de Scarlett O’Hara d’Autant en emporte le vent. Pas une n’a convaincu le producteur David O’Selznick jusqu’à ce qu’il n’aperçoive un jour une jeune femme brune longiligne au regard décidé au bras de son ami, l’acteur britannique Laurence Olivier. Quelques semaines plus tard, l’Anglaise Vivien Leigh rejoignait le tournage déjà commencé de Gone with the wind pour le rôle de sa vie.

Pour incarner cette femme forte tenant tête à un Rhett Butler imprévisible (formidable Clark Gable), l’Anglaise a dû se plier à des heures et des heures d’exercices de phonétique pour parler avec un accent traînant du Sud plus vrai que nature. Elle “était“ Scarlett, avec ses répliques cinglantes et son port de tête sûr. Tant et si bien que l’actrice remporte l’Oscar du meilleur rôle en 1940. Tout semble lui sourire. Le tout-Hollywood est à ses pieds. Et pourtant.

Durant le tournage du Tramway nommé Désir, face au monstre sacré Brando, Leigh montre des signes de lassitude et de soudaine exaltation. Caprice de star? Volonté de coller au personnage d’une Blanche Du Bois désespérée? Malheureusement, non: l’actrice est diagnostiquée bipolaire. Et sera traitée aux électrochocs de nombreuses années, tout en continuant sa carrière avec courage sur les planches et au cinéma. C’est d’ailleurs par sa lutte forcenée et cachée du grand public contre ses démons que Leigh remporte son second Oscar pour Un tramway.

Le documentaire lève le voile avec pudeur sur la personnalité fragile de Leigh derrière l’icône. Livrant le portrait intimiste émouvant d’une femme qui cachait ses secrets derrière des allures de grande dame au sourire triste.

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