John Malkovich dans la peau d’Hercule Poirot

Non, ceci n'est pas une énième adaptation d’un roman d’Agatha Christie. C'est un relooking.

ABC contre Poirot Prod
Diffusion le 28 décembre à 21h15 sur C8

Au paradis des grands personnages littéraires, Hercule Poirot peut se vanter d’avoir été interprété par quelques fameux noms. Peter Ustinov d’abord, David Suchet ensuite, Kenneth Branagh récemment et dernièrement, le grand, l’énorme John Malkovich. Un grand acteur dans un grand rôle, son casting parait tout naturel.

Pourtant, son interprétation diffère pas mal de celles de ses illustres prédécesseurs. Moins enrobé, plus aigri, lassé par le temps, ce Poirot version 2019 se retrouve en marge de la société. Il est plus sale, moins lisse que d’habitude. Un côté un peu plus underground qui claque au milieu d’une Angleterre grise et poussiéreuse où le nom des victimes suit l’alphabet.

Ce soir, C8 propose le dernier épisode qui verra donc l’épilogue de cette traque d’un autre genre pour un Poirot mené en bourrique par un adversaire de taille. Aux côtés de Malkovich, impérial, on retrouve avec beaucoup de joie Rupert “Ron Weasley” Grint, à mille lieues de Harry Potter. Et derrière la caméra de la mini-série: Sarah Phelps.

Lors de la diffusion d’ABC contre Poirot, à Noël 2018 sur la BBC, une partie de la presse anglaise s’est empressée d’y voir “la revanche d’une femme sur les héros d’une autre époque”. Accusée de s’acharner sur un Poirot en perdition, Phelps lui apporte surtout une dimension nouvelle, à taille humaine. Elle jouit de la pleine confiance des héritiers d’Agatha Christie puisqu’elle avait déjà adapté Ils étaient dix (l’ex Dix petits nègres) et Témoin indésirable avec un certain succès, au grand bonheur de la BBC. Et parvient une nouvelle fois à contenter les fans de la romancière (à part peut-être les vrais puristes) et les profanes. Ils découvriront un Hercule Poirot toujours plus intéressant – qui est belge, rappelons-le, et fait donc partie de nos trésors nationaux.

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