Rochefort, Marielle, Noiret: les copains d’abord

Acteurs à la popularité intouchable, Noiret, Marielle et Rochefort ont toujours entretenu leur amitié

Rochefort, Marielle, Noiret: les copains d'abord RTBF
Diffusion le 25 décembre à 22h30 sur La Une

Au fond du bus, Victor Vialat et Eddie Carpentier ont le sourire large. Le script à la main, ils répètent à voix haute – et sans aucune justesse – leur petite apparition dans Scoubidou, une pièce de théâtre de qualité infecte dont la première est prévue le soir même. Assis entre les deux acteurs ratés, Georges Cox tire la tronche. Retiré des planches depuis belle lurette, il a été forcé d’accepter un rôle pour relancer son compte en banque. Mais il n’est pas content de la paie qui l’attend. Alors brusquement, il se lève, prêt à arrêter le véhicule et mettre de facto fin à cette tournée en province. Épouvantés par cette perspective, Vialat et Carpentier courent à la poursuite de leur vieil ami pour lui faire entendre raison : “On est là tous les trois. T’as pas l’impression de revivre ?”

Cette scène du début du film Les grands ducs ne dit rien sur Philippe Noiret, Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort, mais elle montre leur énorme complicité et illustre les liens forts qui unissent les trois hommes. Ces amis comédiens, restés gamins depuis leur rencontre, capables de s’embarquer dans un projet complètement loufoque juste pour le plaisir du jeu et de leurs retrouvailles. Si Marielle et Rochefort ont un passé commun au Conservatoire, c’est grâce à une passion commune pour Barbara que Noiret va se rapprocher des deux premiers.

Dans les années 50, les trois acteurs ont un solide point commun: leurs professeurs ne leur ont promis que des seconds rôles ou des échecs. “Aucun d’entre nous ne pensait faire du cinéma”, témoignera un jour Philippe Noiret. “Pour nous, être acteur, c’était être dans une troupe et jouer tous les soirs. Si on gagnait sa vie comme ça, c’était bien.” À travers les carrières des membres de ce trio, ce documentaire dévoile pourquoi et comment Marielle, Rochefort et Noiret sont parvenus à devenir les derniers géants du cinéma français.

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