Le film du jour: Les filles du Docteur March

Greta Gerwig célèbre la féminité dans cette sixième adaptation cinématographique du best-seller Les quatre filles du docteur March.

Les filles du Docteur March  Prod
Diffusion le 25 décembre à 20h30 sur Be1

Icône du cinéma indépendant, la délicieuse Greta Gerwig (Frances Ha) était attendue au tournant avec cette énième adaptation du livre culte de la romancière Louisa May Alcott, paru en 1868. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que certains critiques ne l’ont pas raté. Lui reprochant dans les grandes lignes de ne pas être assez “féministe” à leur goût. Lecture pour le moins étonnante, si pas totalement contre-productive, Gerwig s’étant attachée à la fidélité la plus grande possible à cette œuvre, déjà pourtant considérée en tant que telle comme un brûlot féministe par des femmes pas franchement dédiées au patriarcat rampant, comme Simone de Beauvoir ou encore la chanteuse Patti Smith.

S’identifiant à Jo March, l’impulsive écrivaine campée par une formidable Saoirse Ronan, Gerwig s’empare avec une belle vivacité du roman qu’elle a tant aimé jeune. C’est en confrontant les sœurs à leur enfance et leurs rêves (par des flash-backs et des retours en avant parfois déstabilisants) que la réalisatrice rend corps à cette féminité tout en sentiments fugaces et contradictoires rendus avec une sensibilité rare. Elles sont bien belles et courageuses, ces filles qui doivent réorganiser leur monde coupé en deux par le départ de leur père pour la guerre de Sécession.

Et l’incroyable casting d’actrices (Meryl Streep, Saoirse Ronan, Emma Watson, Laura Dern, excusez du peu) n’y est pas pour rien, tenant largement la dragée haute à des soupirants finement pensés comme complices plutôt que comme adversaires. Sous ses apparences de classicisme et de frivolité, parfois compassés il est vrai, cette version s’avère en réalité une belle ode à la féminité, ses talents, ses espoirs, et sa volonté de ne pas faire figuration dans un monde dont elle estime à raison d’avoir le droit de jouir avec la même liberté que les hommes. Les râleurs avaient tout faux: Gerwig filme avec tendresse et volonté l’émancipation “en March”.

Plus d'actualité