Un gala à la Scala de Milan à huis clos

Pas de gala d'ouverture? La Scala de Milan propose un programme exceptionnel, A riveder le stelle.

Scala Milan Belgaimage
Diffusion le dimanche 20 décembre à 17h20 sur Arte

Pour soutenir leur opéra et la culture, les grandes voix se font entendre. Les ténors Jonas Kaufmann, Roberto Alagna, Placido Domingo, de retour sur scène après des soucis de santé, les mezzo-sopranos Elina Garanca et Marianne Crebassa, tout un casting étincelant, ont répondu présent à Dominique Meyer, le surintendant de l’institution.

Jusque début novembre, il y a cru, à sa représentation en public de Lucia di Lammermoor de Donizetti. Puis l’Italie a durci ses mesures sanitaires et fermé les salles. Pour la première fois depuis 1951, la Saint-Ambroise, patron de Milan, n’a pas été célébrée au Teatro. Mais la musique ne s’éteint pas pour autant.

En deux semaines, Dominique Meyer a créé de toutes pièces A riveder le stelle, un Gala, un vrai, donné à huis clos, avec pour public le monde entier, via la RAI et internet. Il s’agit de faire vivre la musique, la lumière dans une période sombre. Il s’agit aussi de préserver les contrats des artistes prévus à la distribution ce jour-là. L’initiative mérite d’être applaudie debout. Et même, osera-t-on le sacrilège et affirmer qu’en fait, nous, pour une fois aux premières loges, on y gagne? Car en lieu et place de la captation traditionnelle, toujours frustrante, on assistera à une œuvre créée pour être filmée, mise en scène pour la télé, qui abolit la distance et nous plonge au cœur de la magie de l’opéra. On n’y verra pas un spectacle complet mais une série de récitals qui mettront en valeur les talents exceptionnels ici réunis, accompagnés de l’orchestre de la Scala, sous la baguette de Riccardo Chailly. Le ballet sera de la partie, avec des extraits de chorégraphies de Rudolf Noureev et le danseur étoile Roberto Bolle.

Un moment hors du temps, à s’offrir pour se rappeler combien le spectacle vivant nous est essentiel. Et combien les artistes ont de talent, jusqu’à celui de tenir bon, pour donner encore du beau au monde.

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