Champions League: du pain et des jeux

Ce soir, la phase de groupes de la Champions League se clôture. Pour le plus grand bonheur de joueurs exténués...

Kevin De Bruyne Belgaimage
Diffusion les 8 et 9 décembre à 20h10 sur Club RTL

Enfin. Voilà ce que doivent se dire les joueurs. Déjà? Voilà ce se disent les supporters. La première phase de la Ligue des Champions, qui se termine ce mardi et mercredi, symbolise bien ce qu’a représenté le football cette année: un exutoire.

Pour une population confinée, privée de tout, le ballon s’est révélé un bol d’oxygène. Les six matchs de poule se sont enchaînés en huit semaines, alors que les week-ends étaient réservés aux championnats nationaux. Pour les équipes engagées en Europe, cela signifie un match tous les trois jours. Et les compétitions internationales – Ligue des Nations en Europe, qualifs pour la Coupe d’Afrique des Nations et pour la Coupe du Monde en Amérique du Sud – sont encore venues s’intercaler. Un rêve pour les supporters, propulsés dans une bulle pendant 90 minutes, loin d’un monde angoissant. Un cauchemar pour les joueurs qui tirent sur la corde. 

Le nombre de blessures musculaires a explosé, et d’autres, plus graves, se voient favorisées (coucou les ligaments croisés). Une augmentation de 40 % en Angleterre sur une saison, de 66 % en Allemagne et… de 120 % en France. Kevin De Bruyne a tiré la sonnette d’alarme dès octobre, et beaucoup de joueurs et de coachs l’ont suivi. Mais personne à l’UEFA ou à la FIFA ne semble écouter. Le fan de foot doit actuellement se poser la question de ce qu’il attend de son sport. Car la balance entre quantité et qualité ne s’est jamais imposée comme aujourd’hui. Et cela ne va pas s’arranger en 2021, avec des championnats et des Coupes d’Europe à conclure en mai, un Euro, une phase finale de Ligue des Nations, des qualifications pour le Mondial qui de 2022, voire même des Jeux Olympiques pour certains. Tuer les joueurs pour se divertir. Nous voilà revenus au temps des gladiateurs.

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