L’opération Meuble dans Retour aux Sources

Ce soir, Retour aux sources se penche sur la manière dont le Reich a annihilé le souvenir de ses ennemis

Retour aux sources RTBF
Diffusion le 5 décembre à 21h05 sur La Trois

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des millions de personnes ont été tuées dans les camps de concentration. Mais non content d’avoir organisé un massacre d’une ampleur inédite, Hitler a voulu aller plus loin encore. Il fallait trouver pire que la mort: la disparition pure et simple des victimes de la mémoire collective. C’est ce que racontent les deux documentaires de Retour aux sources avec deux angles différents sur le sujet.

Le premier se concentre uniquement sur les Juifs. En parallèle de la Shoah, le Reich n’a pas oublié un détail: après avoir été brutalement déportée, cette communauté a laissé derrière elle un nombre incalculable de biens dans leurs habitations. Les nazis organisent alors l’Opération Meuble, une sorte d’“Holocauste du mobilier juif” où ils prennent absolument tout, du piano jusqu’aux couverts en passant par les photos de famille. L’objectif est double: en faire bénéficier les soutiens du régime, mais aussi faire comme si les Juifs n’avaient tout simplement pas existé.

La deuxième partie se concentre sur une autre opération nazie qui concerne cette fois-ci toute personne soupçonnée de représenter une menace. Pour ne pas risquer une révolte dans les pays occupés, Hitler a l’idée du décret NN, Nacht und Nebel (Nuit et brouillard). Selon celui-ci, si quelqu’un ne peut pas être directement exécuté mais semble appartenir à la Résistance, il est déporté en Allemagne dans le secret absolu, sans laisser de traces. C’est ce que l’on voit avec l’exemple de Jacques, un Français de 15 ans arrêté pour détention d’armes, dont le réalisateur tente de retracer le parcours alors qu’il ne reste quasiment rien. Ces documents se complètent bien parce qu’elles ont le même but louable de rendre visible l’invisible. Les enquêtes sont rondement menées, avec le plus possible de sources de première main, même si on peut regretter qu’elles se limitent fortement à la France. Elles ont néanmoins le mérite de creuser des sujets rarement abordés à la télévision.

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