Au cœur de la brigade des mineurs

Soirée exceptionnelle sur La Une avec la diffusion ce soir de la série documentaire Molenbeek, brigade des mineurs. Attention aux âmes sensibles...

Molenbeek, brigade des mineurs  RTBF
Diffusion le 3 décembre à 20h30 sur La Une

Pourquoi préciser “Molenbeek” dans le titre de ce documentaire? Parce que l’étiquette fait vendre? On se demande vraiment pourquoi avoir géolocalisé ce sujet et pourquoi, par là même, en avoir rajouté une couche sur la mauvaise réputation de la commune bruxelloise, déjà stigmatisée dans les médias belges et français.

Surtout qu’ici, de Molenbeek, il en sera peu question. Il ne s’agit pas de suivre le travail d’un commissariat de quartier, mais bien celui de la Brigade des mineurs, ces enquêteurs dévolus aux enfants et aux ados. Au-delà de ces réserves, le film en lui-même évite le sensationnalisme des séries documentaires policières françaises. Pas d’interventions musclées filmées caméra au poing dans la course, pas de voix off tapageuse, pas d’images de nuit glauques ni de vidéosurveillance. La caméra est posée. Elle accompagne les policiers dans leurs missions, sans effets de manche, en regardant par-dessus leur épaule, en captant des détails significatifs, en prenant le temps aussi de recueillir leurs commentaires.

Ce qui est trash, ce qui fait frémir, ce sont les sujets qui font le quotidien de ces flics que certains confrères de services plus prestigieux nomment “couche-culotte”. Le découpage des films permet de s’en faire une idée.

Le premier épisode concerne les dérives des réseaux sociaux, le deuxième les soucis à l’intérieur des familles ou des écoles, le troisième les bandes urbaines (avec ici des sujets de délinquance plus habituels). Autant le dire d’emblée, sous ces appellations anodines, se cachent des réalités parfois insoutenables.

Le ton est donné d’entrée de jeu. En salle de briefing, une inspectrice donne ses instructions pour l’interpellation simultanée de cinq garçons de 16-17 ans. Motif? Ils ont fait subir une tournante à une jeune fille de 14 ans et ont posté la vidéo sur les réseaux sociaux. Il faut cueillir les jeunes au réveil. Les policiers débarquent à 6 heures du matin chez leurs parents, les embarquent pour les auditionner. Tout se passe dans le calme. Un calme et une empathie impressionnants, qui marquent tous les événements que l’on verra par la suite. Qu’ils auditionnent des victimes ou des suspects, les inspecteurs écoutent avec humanité, expliquent, cadrent… Encaissent aussi, comme lors de la confession de 4 heures d’un instituteur pédophile coupable d’attouchements sur une trentaine d’enfants de maternelle. Respect.

 

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