Affaire Wesphael, la série événement

Quatre ans après sa conclusion judiciaire, l’affaire Wesphael revient sur le devant de la scène avec Soupçons, les dessous de l’affaire Wesphael, une série documentaire produite par Netflix, avec RTL-TVI.

Affaire Wesphael, la série événement
Diffusion le 2 décembre à 20h05 sur RTL-TVi

 

Jeudi 31 octobre 2013, une soirée comme les autres à l’hôtel Mondo d’Ostende. Jusqu’à ce que le client de la chambre 602 descende prévenir la réception: ”Ma femme s’est suicidée…”. Il est 22h56, c’est le début d’une affaire qui va secouer la Belgique.

Dans la salle de bains, on découvre le corps de Véronique Pirotton, l’épouse de Bernard Wesphael, membre fondateur du parti Écolo et député wallon. Très vite, les autorités s’interrogent: le désordre de la chambre témoigne d’un différend conjugal, la victime présente des traces de coups, les clients des chambres voisines ont entendu des cris… Placé en détention, Bernard Wesphael est accusé du meurtre de sa femme. Il clame pourtant son innocence et insiste sur la fragilité mentale de Véronique: elle était dépressive, buvait beaucoup et avait déjà tenté de se suicider à plusieurs reprises.

Tous les ingrédients sont réunis pour transformer le drame en fait divers de l’année, d’autant que l’accusé est un homme politique réputé. La machine médiatique s’emballe et on parle de préméditation avant même que les premiers devoirs d’enquête soient menés… Jugé devant la cour d’assises de Mons en septembre 2016 après 298 jours de détention préventive, Bernard Wesphael est acquitté le 6 octobre, au bénéfice du doute. Un verdict qui ne satisfait ni les proches de Véronique Pirotton ni l’opinion publique.

Cette tragédie intime aurait pu n’être qu’un fait divers comme tant d’autres. Mais la personnalité de l’accusé, calme, au langage très construit (coupable!), son profil de notable (coupable!) , son parcours politique discuté (coupable!), le portrait accablant qu’il dessine de sa femme (coupable!) et ses contradictions (coupable!) jouent contre lui. Le doute subsiste, nourri par l’avis tranché des uns et des autres. Georges Huercano, directeur de magazines de RTL et documentariste de talent, en parle un jour avec Pascal Vrebos: ”On évoquait un projet où le protagoniste principal jouerait son propre rôle. Et on s’est rendu compte que la seule affaire qui continuait d’entretenir la polémique et où la personne impliquée accepterait peut-être de faire ça, c’était l’affaire Wesphael.

Le sujet central de la série – qui reconstitue les faits point par point sans jamais céder à une mise en scène de fiction – c’est évidemment Bernard Wesphael. C’est lui qui parle aussi. Beaucoup. Dans des documents d’époque, notamment des interrogatoires, et son récit d’aujourd’hui, filmé entre autres dans la fameuse chambre 602. Le personnage est intrigant, pas très sympathique. Mais ce n’est pas sur une impression qu’on établit un jugement. Le jury a tranché et rappelé que le doute doit toujours profiter à l’accusé. Sans prendre parti – une prouesse d’équilibristes –, le document laisse la place aux vérités de chacun tout en soulignant les dysfonctionnements et les incohérences qui ont empêché cette affaire de connaître une conclusion nette.

 

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