La télévision commémore les attentats de Paris

À l’aube du cinquième anniversaire des attentats de Paris, plusieurs documentaires reviennent sur la tragédie

De Charlie Hebdo au Bataclan, les derniers secrets des attentats de 2015 DOC

Est-ce qu’il y a encore quelque chose à ajouter sur cette nuit du 13 novembre 2015, après le terrible Fluctuat nec mergitur de Jules et Gédéon Naudet (sur Netflix depuis 2018 et prochainement diffusé sur TMC)? On en doutait: la mini-série en trois épisodes avait récolté les témoignages des témoins, des otages, des autorités, des policiers, des pompiers, pour retracer minute par minute les attentats qui ont fait 131 victimes. Difficile de faire plus fort.

Le documentaire diffusé ce soir sur C8, De Charlie Hebdo au Bataclan, les derniers secrets des attentats de 2015, n’apporte rien de plus sur la chronologie. On y découvre à nouveau François Hollande, Anne Hidalgo, Bernard Cazeneuve, qui racontent le choc d’être capitaine dans cette tempête. Les survivants partagent leurs souvenirs, terribles. Par contre, ce film-ci ajoute sa part d’analyse, de réflexion sur le déroulé des faits, sur l’échec des services de police et du renseignement à prévoir et empêcher le pire. Il fait le job… Sans plus.

22h01, diffusé sur France 3 ce mercredi à une heure épouvantablement tardive, est d’une toute autre trempe. Celui-là, sort son épingle du jeu. Déjà par sa matière humaine: tout le film de Mustapha Kessous est centré sur Daniel Psenny. Ce journaliste du Monde habite à côté du Bataclan. Au moment des événements, il prend son téléphone et filme les gens s’enfuir du Bataclan. Ensuite, il porte secours à une victime, est blessé par balles et se réfugie chez ses voisins, le temps de l’intervention policière. 22h01 raconte ce huis-clos, l’irruption de l’extraordinaire chez des citoyens ordinaires. Il le fait avec pudeur et pertinence. La toute bonne idée a consisté à montrer les faits, le film des événements, en animation. De Daniel Psenny et ses voisins, on entendra les voix, mais les visages et les silhouettes restent stylisées par les traits de Théo Schulthess. Ce décalage pudique et poétique donne à l’histoire une portée universelle. Humaine

Plus d'actualité