Violences conjugales: des mots aux coups

Ce soir, Reporters donne la parole à deux femmes qui donnent un visage et une histoire à la violence conjugale

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 «Si je peux le faire, n’importe qui peut le faire», conclut Hazel, une des deux victimes qui témoignent aujourd’hui. Pour elle, la solution, c’est de partir. Elle est là pour montrer l’exemple, pour dire à toutes et, dans une moindre mesure, tous, que c’est possible. Une femme sur quatre en Belgique dit avoir déjà subi un conjoint violent. «La réalité est bien pire», souligne Michael Miraglia en introduisant ce numéro exceptionnel. «Beaucoup se taisent encore, par honte».

C’est justement le cas d’Hazel. Son portrait commence à l’hôpital. La jeune maman est blessée et interrogée par la police. Elle est «tombée», dit-elle. Faux. Elle a été tabassée par son mari. Il est en fuite. De là, l’on va la voir mettre des mots sur ce qui lui est arrivé, raconter, avancer… Et à travers elle, c’est tout le mécanisme de l’emprise qui se déroule. Un broyeur, qui démarre par de l’amour fou, puis referme ses mâchoires sur sa proie: remarques vestimentaires, coupure du milieu amical, insultes, sape de la confiance en soi, isolement progressif, baffes, menaces sur enfant et même sur la vie.

Ecouter Hazel ouvre les yeux et fait froid dans le dos. Pareil pour Kelly, l’autre Anglaise qui livre son histoire, elle aussi à visage découvert et avec des images de police parfois insoutenables. Elle, on a arrêté son bourreau juste après qu’il lui ait brisé la mâchoire. On nous montre son interrogatoire… Et les hauts et les bas de Kelly, qui doit se reconstruire après des années noires et se rappelle des signes avant-coureurs «Ma mère et mes sœurs me disaient qu’il allait me faire du mal. Je pensais que c’était juste une mauvaise passe. (…) Quand vous aimez quelqu’un vous ne pouvez pas voir la vérité.»

Ces récits vrais sonnent comme des mises en garde et révoltent. Ils nous montrent aussi qu’une issue est possible. Elle commence par un appel à l’aide.

En Belgique, le numéro de la ligne dédiée aux victimes est le 0800 30 030. A faire passer.

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