Pourquoi il ne faut pas avoir peur de Gwyneth Paltrow

The Goop Lab, la série de documentaires de l’actrice sur Netflix, fait trembler la communauté scientifique et médicale depuis sa mise en ligne. On l’a vue. Elle parle de régime anti-âge, de champignons hallucinogènes, de thérapie par le froid et de médiums, de façon trop légère pour être honnête. Pourtant, y a pas le feu au lac.

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Que les scientifiques, médecins et responsables des services de santé qui hurlent contre Gwyneth Paltrow et sa série The Goop Lab se rassurent! Oui, The Goop Lab fait la promotion de Goop, la marque bien-être très lucrative de l’actrice (celle qui commercialise ses bougies senteur vagin, en rupture de stock). Oui, on y voit des techniques de bien-être controversées testées et mises en avant comme de bonnes façons d’aller mieux. Oui… Il y a plein de réserves à avoir et à émettre sur le contenu. D’ailleurs la communauté médicale a tellement hurlé à la diffusion de la bande annonce que Netflix démarre chaque épisode par un avertissement rappelant qu’il s’agit d’un divertissement et que la première chose à faire lorsqu’on est mal, c’est d’aller voir un médecin. Pourtant, en considérant la première saison dans son ensemble, on se rassure.

Un remède… contre l’insomnie

Pas de panique, le Goop Lab ne devrait pas générer des milliards d’adeptes prêts à se tartiner la tête de plasma et adhérer à des clus d’orgasme. Parce que… Le Goop Lab est mortel. D’ennui. Un remède, mais contre l’insomnie. Voilà, c’est chiant, Gwyneth, et ça devrait te plaire, puisque comme tu le soulignes, la santé et la jeunesse passent par l’intestin. Les sujets étaient pourtant plus que teasants. On allait découvrir une équipe de testeurs en pleine expérimentation de pratiques alternatives dans des domaines divers: champignons hallucinogènes, médiums, régime anti-âge, coaching sexuel… A l’arrivée, pétard mouillé. Déjà, on attendait que Gwyneth s’y mette. Lol. Dans le programme, elle joue davantage l’animatrice sereine, souriante et convaincue que la testeuse de champis en Jamaïque (on la verra quand même parfois se mettre en scène, notamment lors d’un soin visage «vampire» anti-âge). Paltrow éclairée comme une madone, lance les sujets puis passe la patate chaude à son équipe.

Autour d’elle, le Goop Lab est principalement féminin et composé de jeunes trentenaires motivées, indépendantes, sûres d’elles en apparence mais en quête de sens, au fond, enfin parfois. Yay. Bienvenue dans l’Amérique des riches. Avec elles, l’aventure reste lisse, propre, on pleure mais pas trop, on rit mais parfois. Le reste du programme est généralement composé de témoignages lénifiants et de redites de spécialistes plaidant pour leur cause et l’efficacité de leurs inventions… Peu de contenu, beaucoup de micro-séquences qui se traînent, de phrases creuses mille fois entendues, d’images prétextes et de musique d’ascenseur diluent donc ce que le programme pourrait avoir d’inquiétant pour la santé publique. Ouf, parce que le contenu du Goop Lap est plutôt pas glop: on y voit l’expérience individuelle présentée comme vérité générale, on y découvre des pratiques onéreuses et scientifiquement contestables proposées en alternative à des traitements médicaux, on y oublie l’esprit critique et la démarche scientifique bref The Goop Lab fournit une jolie tribune à de sacrés charlatans. Heureusement, seuls les déjà-convaincus tiendront plus de 25 minutes.

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