Anne Gruwez, ni juge ni soumise

La Une nous offre, ce soir à 20h20, une plongée dans le quotidien de la truculente juge d’instruction bruxelloise Anne Gruwez, avec la première diffusion en clair du film documentaire Ni juge, ni soumise.

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L’histoire est bien connue: au début des années 2000, Anne Gruwez fait l’objet de deux sujets de quelques minutes dans Tout ça (ne nous rendra pas le Congo). Derrière la caméra d’Yves Hinant et de Jean Libon, celle qui officie comme juge d’instruction à Bruxelles fait sensation. Drôle, fraîche, directe, surexcitée, impertinente, pince-sans-rire, elle apporte une vision différente de la Justice belge. Dix ans plus tard, les deux comparses décident de retrouver la juge dans son quotidien bruxellois pour réaliser un film complet.

Sa voix traînante, ses inimitables punchlines et son absence de tabou au moment d’évoquer certaines des affaires les plus horribles l’ont rendue célèbre. Capable d’envoyer des saillies à ses interlocuteurs comme “Je ne sers jamais la main des malfrats”, “En fait ce qu’il y a de moins cher, c’est que vous mourriez tout de suite” ou encore de demander à un mendiant au feu rouge “d’arrêter de trembler”, Anne Gruwez peut paraître froide et insensible. Mais c’est probablement sa façon de prendre énormément de recul par rapport aux situations auxquelles elle doit faire face.

À sa sortie, le film n’a pas fait que des heureux. “Je lui ai dit en son temps qu’elle me faisait l’effet d’être un singe sur un orgue de barbarie”, expliquait ainsi à la RTBF le président du tribunal de première instance de Bruxelles, Luc Hennart, pour qui ce documentaire “n’est pas l’image de la justice belge, ça n’est pas l’attitude d’un juge d’instruction dans l’exercice de son métier […] Ce que l’on met en évidence dans ce film, c’est quoi ? Ce sont les propos qu’elle tient.” Hennart a lui-même été vivement critiqué par plusieurs magistrats qui estimaient qu’en interdisant à Gruwez de participer aux cérémonies des Magritte et des César (qu’elle remportera), il appliquait une censure contraire au respect de la vie privée de leur collègue.

Depuis octobre dernier, Anne Gruwez est également chroniqueuse régulière pour l’émission C’est pas fini, diffusée sur VivaCité du lundi au jeudi de 18h à 19h30. Aux côtés de l’animateur Patrick Weber, c’est en tant que citoyenne qu’Anne Gruwez intervient pour donner son avis sur des sujets d’actualité, la politique internationale ou des sujets de société plus généraux comme le foot ou l’environnement. Gruwez explique qu’elle verse l’intégralité de son cachet à l’association dont elle s’occupe.

Un débat sur la Justice

Lundi 27 janvier à 21h05, La Trois rediffusera le documentaire Ni juge ni soumise, et enchaînera avec un débat, animé par Sacha Daout, qui évoquera Le quotidien de la Justice, Prison et réinsertion et Que faire des détenus irrécupérables? Invités sur le plateau: Anne Gruwez, juge d’instruction,  Christian Henry, procureur du Roi, Marie Berquin, de l’Observatoire international des prisons, Denis Bosquet, avocat pénaliste, et Jean-Marc Mahy, ancien détenu qui oeuvre depuis sa libération pour la prévention et la réinsertion.

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