« Coming Out »: Maman, j’ai un truc à te dire

À partir de coming out postés sur les réseaux sociaux, Denis Parrot construit un film bouleversant.

© Be tv

C’est sans doute l’une des choses les plus originales et les plus tourneboulantes qu’on pourra voir à la télé en cette fin d’année. Denis Parrot, monteur qui signe ici son premier documentaire, a eu l’idée d’aligner des vidéos postées sur les réseaux sociaux par de jeunes garçons et de jeunes filles qui, face caméra, annoncent à leurs parents leur orientation sexuelle. Coming Out opère par cercles concentriques et, au fil des images, aborde une série de questions qui découlent de cette prise de parole intime s’apparentant à un saut dans le vide. Dans la confession de ces gosses, souvent tremblants à l’idée de mettre des mots sur leurs sentiments, se dégagent des angoisses qui reviennent inlassablement: celle de se sentir différent, le dégoût de soi, la peur d’être rejeté, l’envie d’en finir… 

Si parfois les choses se passent bien (“Tu es mon enfant, je t’aimerai jusqu’à la mort”, “Rien ne m’empêchera de t’aimer, ma chérie”…), elles se passent parfois mal. C’est le cas pour Daniel dont le coming out tourne au pugilat avec une mère hystérique qui l’abreuve d’insultes (“Tu es une honte”, “Tu n’es qu’un sale homo”) et lui intime d’assumer ce qu’elle croit être un choix (“Tu devras déménager et trouver un endroit pour vivre”).

Le film montre que le coming out – nouveau rite d’initiation – met la même pression à ceux et celles qui veulent le faire, au Japon, en Australie, en France, en Afrique du Sud et aux États-Unis. Parmi les moments les plus forts, on vous garantit la gorge serrée à la confession d’Artem, jeune violoniste russe installé au Canada, commentant le chemin de croix que fut l’acceptation de son homosexualité, rythmé par cinq tentatives de suicide…

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