Les biocarburants: bio mais pas miraculeux

Les biocarburants font rêver. Pourtant, rouler à l’huile de colza ne nous sauvera pas. A priori...

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En théorie, le biocarburant est une idée géniale. Pouvoir, à terme, remplacer les énergies fossiles par des huiles végétales facilement productibles, tel était le projet, voire le rêve, des bio-ingénieurs depuis que la voiture existe. Car s’ils peuvent sembler relativement neufs, les biocarburants sont vus comme une alternative au pétrole depuis le début du vingtième siècle. Mais l’émergence de la question écologique mondiale a redirigé les projecteurs sur cette source d’énergie propre.

Reste que ce n’est pas seulement par conscience environnementale que les nations les plus riches ont décidé de se tourner vers les biocarburants. Comme l’explique le docu présenté ce soir, ces pays ont dû trouver de nouveaux marchés pour écouler les surplus agricoles qui fleurissaient dans les années nonante. Rapidement, le lobby agricole a vu dans cette surproduction de colza, de maïs et de blé une occasion en or de pousser l’Europe à imposer un quota d’huiles végétales dans les carburants –  objectif finalement atteint en 2003.

Une industrie voit le jour et les terres, déjà mises à rude épreuve, sont encore plus sollicitées. Le surplus devient alors une norme, accentuant la culture intensive, tandis que dans les couloirs feutrés des institutions européennes, la guerre fait rage entre les secteurs agricole et pétrochimique. Ce qui a commencé comme un rêve se transforme en cauchemar. Jusqu’ici, les biocarburants n’ont apporté aucune solution alternative efficace aux problèmes énergétiques. Au contraire, des forêts ont été ravagées et des milliers d’agriculteurs ont le cul entre deux tracteurs. Une réalité dépeinte sans concession par le réalisateur Sergio Ghizzardi, qui écorne le monde un peu trop rose de l’énergie renouvelable, une industrie qui reste avant tout soumise aux lois de l’efficacité et de la rentabilité.

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