Le Bazar de la Charité: un véritable phénomène

Casting de luxe, décors grandioses, budget record... La série française promettait du lourd. On n'est pas déçus!

Le bazar de la Charité RTBF

7,1 millions de téléspectateurs sur TF1, 286.000 téléspectateurs sur La Une pour le premier épisode… Le Bazar de la Charité ne se contente pas de pulvériser les audiences. La série suscite une vague d’entousiasme rare pour une production française. Et provoque l’intérêt pour une période assez méconnue – la France du président Félix Faure – et plus particulièrement pour une catastrophe qui a bouleversé Paris et initié une vraie prise de conscience. En moins d’une demi-heure, le 4 mai 1897, l’incendie du Bazar de la Charité, point de départ spectaculaire de la série, a tué 129 personnes – sans compter les victimes indirectes, comme le duc d’Aumale, terrassé par une crise cardiaque en apprenant la mort de sa nièce.

>> « Le Bazar de la Charité »: une série tout feu tout femmes

L’histoire, la vraie, est déjà un roman en soi. Le vendredi 6 décembre à 22h40, La Une diffusera d’ailleurs dans Le temps d’une histoire le documentaire La tragique histoire de l’incendie du Bazar de la Charité, qui retrace la réalité de l’événement. La série, elle, a su construire un récit poignant autour de quelques magnifiques personnages de femmes. Reléguées à un rôle anecdotique dans la société de l’époque, elles sont quasiment les seules victimes de l’incendie. L’occasion d’offrir un rôle aussi complexe que poignant à des comédiennes comme Josiane Balasko, Audrey Fleurot, Julie de Bona et Camille Lou (photo), lumineuse et engagée, la réelle révélation de la série – au côté d’acteurs comme Antoine Duléry, Gilbert Melki, François-David Cardonnel, Florence Pernel, Stéphane Guillon, Victor Meutelet….

© ProdAudrey Fleurot dans Le Bazar de la Charité © Denis Manin / Quad TV / TF1

Pour faire renaître le Paris de la Belle Époque, réaliser sans à peu près des scènes impressionnantes, réunir une distribution de haut vol jusque dans les petits rôles, avec 3000 figurants et 1500 costumes, TF1 a mis la main au portefeuille et réuni 17 millions d’euros. Une petite fortune en regard des autres productions télé françaises. Heureusement il y a Netflix, qui a participé au financement et ajoutera Le Bazar de la Charité à son catalogue dès la fin de l’année, et cela partout dans le monde. Tant mieux, quand une histoire révèle de telles qualités, autant la partager avec un maximum d’amateurs.

Original dans son sujet – et même dans son traitement, Le Bazar de la Charité ne se contente pas d’accumuler les records. La saga romanesque suscite une véritable adhésion. Il est devenu rare qu’un programme télé nourrisse les conversations autour de la machine à café. Avec un décalage de 122 ans, cette série réunit plusieurs générations dans une même admiration. Chapeau. Avec autant de force que de finesse, elle se positionne pile dans les problématiques actuelles, de la quête du pouvoir aux fake news, de la peur du terrorisme aux violences faites au femmes, de la lutte des classes aux dérives des forces de l’ordre. Mais explore aussi le deuil, l’amour, la vérité, la loyauté et le courage…

Héroïne parmi d’autres de ce petit bijou, dans le rôle d’une femme qui a échappé aux flammes et décide d’en profiter pour échapper à son mari, Audrey Fleurot assure aussi le commentaire du documentaire. Une façon pour elle comme pour nous de remettre le drame dans son contexte et d’apprendre comment l’affaire a résonné à l’époque dans l’opinion publique française.

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