Et si on regardait les séries de Facebook Watch ?

Peu de gens le savent, mais Facebook, en plus d’héberger vos photos de vacances et votre calendrier de sorties, abrite plusieurs séries. Et certaines valent carrément la peine qu’on s’y attarde, sans même l’obligation d’être abonné au réseau social.

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Gratuite. Voilà l’atout principal de Facebook Watch face à la concurrence de plus en plus acharnée (coucou Netflix, Amazon Prime Video, Apple TV+, Disney +, Hulu et bientôt Peacock et HBO Max). Lancée aux États-Unis le 10 août 2017 et disponible en Belgique (et le reste du monde) un an plus tard, ce service intégré à Facebook rassemble des centaines de milliers de vidéos. Si la plupart des utilisateurs de Facebook « scrollent » sur Facebook Watch pour consulter les vidéos des pages auxquelles ils sont abonnés (Brut, Vews, Beyoncé, Elle Belgique, RTL…), d’autres utilisent la plate-forme pour regarder des séries « Facebook Original ».

Si vous venez d’apprendre que Facebook diffuse des séries originales, rassurez-vous, c’est normal. L’entreprise de Mark Zuckerberg a en effet très peu communiqué sur le sujet et l’interface de son service de streaming reste assez archaïque… Si un onglet « vidéos récentes » existe, il rassemble tellement de vidéos que les séries y passent inaperçues. Il faut donc connaître le nom de la série pour l’inscrire dans l’onglet de recherches et avoir (enfin) accès à ses épisodes. Vous n’avez pas de compte Facebook ? Aucune excuse ! La plate-forme est aussi accessible aux personnes non abonnées au réseau social via le simple lien https://www.facebook.com/watch/.

Tout comme les services de SVOD, Facebook Watch abrite des contenus créés par des partenaires, expressément pour  sa plate-forme. Il en retire 45% des bénéfices (issus de la publicité), les 55% restant allant aux créateurs de contenu. Si l’accès aux vidéos est gratuit, attendez-vous donc à quelques coupures pubs de temps à autre (et de façon franchement raisonnable).

En 2018, Facebook Watch aurait dépensé 1 milliard de dollars pour son contenu original. Pour les courtes vidéos, l’entreprise dispose à l’origine d’un budget d’environ 10.000 $ à 40.000 $ par épisode, bien que des contrats de renouvellement aient augmenté ce budget allant désormais de 50.000 $ à 70.000 $. Les séries plus longues disposent de montants allant de 250.000 $ à plus de 1 million.

Parmi la dizaine de séries hébergées par Facebook Watch, voici celles qui ont retenu notre attention.

Limetown

C’est le dernier bébé de la plate-forme. Basée sur un podcast fictionnel du même nom, Limetown suit l’enquête palpitante de Lia Haddock (Jessica Biel), une journaliste qui tente de percer le mystère autour de la disparition, 15 ans plus tôt, des 326 habitants d’une petite ville du Tennessee. À l’aide d’une réalisatrion froide qui alterne entre flash-forwards angoissants et flash-backs plus intimes (où l’on comprend l’obsession de Lia sur cette affaire), Limetown nous emporte rapidement avec elle dans sa recherche de la vérité. Jessica Biel (que l’on avait redécouvert dans The Sinner) livre une prestation très juste et convaincante. Après Homecoming et Dirty John, voici donc encore une adaptation d’un podcast en série très aboutie.

Basée sur le podcast Limetown de Zack Akers et Skip Bronkie et réalisée par Rebecca Thomas. Une saison, dix épisodes.

Sorry For Your Loss

Malgré sa qualité indéniable, Sorry For Your Loss s’est faite discrète dans l’univers des séries. Porté par Elisabeth Olsen (Avengers Infinity War et Endgame), le show raconte le cheminement de Leigh Shaw après la mort de son mari. La série a donné lieu à un groupe Facebook du même nom dans lequel de nombreuses personnes ayant perdu leur conjoint ou conjointe partagent leurs témoignages et trouvent du réconfort. Parfois, les réseaux sociaux font de jolies choses.

De Kit Steinkellner. Deux saisons, 20 épisodes.

Strangers

Cette série créée par une certaine Mia Lidofsky semble avoir été créée pour une consommation rapide, mais de qualité. Avec des épisodes de 15 minutes (soit le temps que passent généralement les utilisateurs de Facebook dans les transports en commun), Strangers s’adresse particulièrement aux 17-30 ans. La série raconte l’histoire d’Isobel Song (Zoë Chao – Living with Yourself), une jeune femme ayant trompé son copain avec une autre femme et qui met en location sur AirBnb l’une des chambres de sa luxueuse demeure de Los Angeles. À partir de ce pitch plutôt banal, Strangers raconte surtout le chemin d’Isobel vers l’épanouissement personnel, un périple secoué par une série de personnages complètement déjantés. On y trouve notamment plusieurs visages bien connu du petit écran comme Shiri Appleby (UnReal), Jemima Kirke (Girls), Ebon Moss-Bachrach (aussi dans Girls) et Gaby Hoffmann (encore Girls). Une série feel-good à binge-watcher les jours de pluie.

De Mia Lidofsky. Deux saisons, 17 épisodes.

Sacred Lies

Adaptée d’un roman de Stephanie Oakes, Sacred Lies est à la croisée des genres, entre teen drama et polar mystique. Après s’être échappée d’une secte dont la majorité des membres ont été assassinés, Minnow Bly (Elena Kampouris) est envoyée dans un centre de détention juvénile. Elle est en effet suspectée de connaître l’identité de l’assassin. Sacred Lies est produite par Raelle Tucker et réalisée par Scott Winant, qui ont tous deux travaillé sur True Blood.

De Raelle Tucker. Une saison, dix épisodes.

Skam Austin

Les Américains ont aussi été conquis par la série norvégienne Skam. Déjà adaptée chez nous (Skam France/Belgique), en Italie (Skam Italia) et en Allemagne (Druck), cette web-série pour ados a donc également sa version made in USA. Comme son modèle, Skam Austin utilise les réseaux sociaux dans une approche transmédia et aborde des sujets importants comme l’homosexualité, la sexualité des adolescents, la multi-culturalité, à travers un groupe d’élèves de l’école Bouldin High School à Austin (Texas). Contrairement à ses compatriotes, Skam Austin est la seule adaptation de la série originale norvégienne pouvant se targuer d’avoir Julie Andem, la créatrice d’origine, aux commandes (scénario, réalisation et production).

De Julie Andem et Sarah Heyward. Deux saisons, 18 épisodes.

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