Femmes prêtres : dans le giron de l’Eglise

De la soutane blanche aux études bibliques, Myra a tout d’un curé. Sauf le sexe. Une femme prêtre montre le combat pour la féminisation du clergé.

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Il existe 300 femmes prêtres catholiques dans le monde. C’est lorsque Marie Mandi, la réalisatrice, découvre leur existence que lui vient l’envie d’enquêter sur le sujet. Son film n’est pourtant ni un vaste reportage sur le phénomène dans le monde ni un réquisitoire contre le Vatican. C’est le portrait de Myra Brown, Afro-Américaine de 50 ans, maman de trois enfants, durant son ordination en 2017. Une démonstration par l’exemple.

La réalisatrice explique: ”L’Église interdit la prêtrise aux femmes, mais depuis vingt ans, le mouvement est en marche. Je ne suis pas catholique, mais je m’intéresse à la question de la vocation, de la réalisation de soi, par rapport à ses propres aspirations. Si on reçoit une vocation divine, comme Myra le raconte, c’est terrible, dingue, scandaleux, de s’entendre dire “ta vocation n’a pas de valeur”. Il fallait montrer ça, ça a été mon angle d’attaque. Pourquoi est-ce que ça bloque? Les arguments théologiques sont faibles. Les vraies raisons sont celles du pouvoir, de la misogynie, parce que l’Église est un monde d’hommes fermé sur lui-même. J’espère que le film ouvrira le débat. Lorsqu’on voit une femme prêtre agir, l’évidence s’impose, il n’y a pas à hésiter. On s’en fout qu’elle soit une femme ou un homme, elle incarne une fonction. L’image permet de sortir du fantasme, de la discussion intellectuelle. À l’origine, c’est pour cela que j’ai choisi Myra. Ensuite, j’ai été impressionnée par son travail et la tolérance de cette petite communauté rebelle de l’État de New York”.

Une Église au cœur de la vie, qui célèbre des mariages gays, accueille des divorcés, milite contre le racisme, s’engage pour aider ses fidèles, rencontre les autres religions. Une Église qui chante.

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