« Itinéraire d’une maman braqueuse »: Desperate, mais pas housewives

Itinéraire d’une maman braqueuse aborde le surendettement des femmes. Basé sur une histoire vraie, il est suivi d’un excellent reportage. Ce soir sur TF1.

© Prod

En 2009, Rose-Anne Vicari, Marseillaise de 50 ans, mère de deux enfants, braque son buraliste avec un pistolet d’alarme. Elle écopera d’un an de prison avec sursis. Son procès, hyper-médiatisé comme toute l’affaire, permet de mettre en avant un fait de société tabou: le surendettement des travailleurs précarisés, majoritairement des femmes seules avec enfants. Elle en a tiré un livre. Et Alexandre Castagnetti s’en est emparé pour le téléfilm de ce soir. 

Il aborde ce sujet sensible sans pathos ni effets de manches. Sa maman solo, Laura, qui vit à crédit et craque, comme Rose-Anne Vicari, parce que poussée à bout et sans aucune perspective. Cécile Rebboah (qui joue la maman de Côme dans Les bracelets rouges – photo) y est terriblement juste, touchante et acculée. Ce rôle lui a d’ailleurs valu le prix d’interprétation féminine au Festival de la fiction de La Rochelle. La force du récit et de l’image permet d’incarner la détresse de milliers de familles et entraîne le spectateur à s’identifier au personnage, pour donner un visage humain aux statistiques.

La suite de la soirée ramène au réel, avec le documentaire Surendettement, le combat des femmes. Les deux réalisatrices, Marion Baillot et Pauline Liénar sont elles aussi parties de l’histoire de Rose-Anne Vicari. Mais elles ont cherché à rencontrer d’autres personnes dans la même détresse. Et il y en a. Comme elles l’annoncent, 200.000 Français sont chaque année en situation de surendettement et ce sont majoritairement des femmes (et des mères célibataires). Durant plusieurs mois, elles en ont rencontré, notamment en posant leurs caméras au tribunal de Melun, dans les audiences dédiées au sujet. On découvre leurs histoires et on frissonne de découvrir combien elles sont ”ordinaires”. 

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