Vinz, sur Tarmac : « Si la radio ne se transforme pas, elle disparaîtra »

Ce lundi 28 octobre, Vinz et sa team prennent les commandes du métro de Tarmac tous les soirs pour un concept 100% live et digital. On s'est posé dans le studio avec l'animateur pour discuter du projet et philosopher sur le futur de la radio. Si si.

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Arrivés au sein de la famille Tarmac à la rentrée des médias 2019, Vinz et sa team (Lara & Nigel) ont travaillé d’arrache-pied sur un concept 100% digital et en parfaite adéquation avec la nouvelle génération. Objectif visé : mettre en interactivité totale les abonnés/followers avec les animateurs. Sujets tabous, discussions à la fois sérieuses et décalées, pranks, pop culture, il y en aura pour tous les goûts. Sans oublier les invités qui occuperont une place tout aussi importante dans l’émission !

Avant sa première (ce lundi 28 octobre à 20h), l’animateur revient sur les raisons qui l’ont amené à quitter NRJ un an seulement après son transfert depuis Fun Radio, et dessine avec nous comment il perçoit le futur de la radio digitale pour les jeunes.

Tarmac est le troisième média avec lequel tu collabores en trois ans, après Fun Radio et NRJ. Est-ce que tu es du genre à avoir la bougeotte ?

Vinz : « Ah non, pas du tout. J’ai toujours été fan d’Anderlecht depuis que je suis tout petit et je n’ai jamais changé de club. J’ai fait ce que j’avais à faire sur Fun Radio pendant longtemps mais on n’était plus sur la même longueur d’onde en ce qui concerne les attentes des jeunes et l’avenir de la radio en terme de musique et de culture d’entreprise. C’était une décision nécessaire qui m’a amené dans une radio exceptionnelle. Je pensais que l’aventure avec NRJ serait plus longue. Eux aussi. C’est une boîte très positive, je m’y sentais bien. Mais je suis arrivé à un constat. Par rapport à un public plus jeune, la radio en général n’a plus d’intérêt. Même s’il reste bien sûr des fidèles, ce n’est plus le média de prédilection des jeunes. J’avais anticipé ça depuis des années. Si la radio ne se transforme pas, elle disparaîtra. Pas tout de suite, elle a encore de beaux jours devant elle pour les programmes « plus âgés ». Mais une remise en question est nécessaire. La radio subit la révolution numérique, comme tout le reste. Maintenant, on sent vraiment le changement. C’est un problème structurel. » 

Selon toi, pourquoi le jeune public délaisse la radio ?

« Ils n’aiment plus le flux. Ils veulent voir de l’interaction, du terrain. À un moment donné, j’ai senti en libre-antenne une baisse d’audience naturelle. Je discutais avec des jeunes qui me disaient : « Vinz, je ne te vois pas. Et même avec des caméras, on se sent distant. Elles sont spectatrices, pas actrices les caméras. » On a introduit l’utilisation de What’s App en direct sur NRJ. C’était porteur, c’était génial. Mais pas suffisant. La radio a besoin de se transformer. NRJ essayait d’avoir un sens nouveau, mais l’antenne restait primordiale. On continue à se fier à des sondages téléphoniques pour calculer les audiences alors qu’il y a plein d’autres instruments de mesure qui peuvent donner des chiffres exacts mais on ne les utilise pas. Je n’étais pas d’accord avec ça. Et ma manière de me rebeller contre ce système old school, c’était de quitter en partie le monde de la radio. » 

Tarmac est comme le Bitcoin, mais sans la bulle prête à exploser.

Qu’est-ce qui t’a séduit chez Tarmac ?

« J’ai décidé de rejoindre un ami qui m’appelle depuis longtemps. Akro me parlait de Tarmac depuis longtemps, avant même qu’il ne prenne ses fonctions. On se donnait des conseils réciproques et j’ai toujours gardé un œil sur l’évolution du média, sur des jeunes talents comme Anne-Sarah et les autres… Ils assurent la relève en terme de médias pour les jeunes. Je me disais : « Ah, on est dans un bitcoin-là ». Tarmac est un bitcoin, mais sans la bulle qui risque d’exploser! Les gens ont pendant longtemps snobé cette nouveauté. Ils se sont demandé c’était quoi ce média qui proposait une multitude de nouveaux contenus. Mais au fond, qu’est-ce que la jeunesse attend? Plein de types de contenus différents, justement ! Tarmac est un média fait pour les jeunes. Il y a de la musique urbaine, du streaming jeu vidéo, des capsules d’humour, de l’info avec Izi News, notre émission live qui va commencer, du talk,… La diversité c’est la clé. Tarmac l’a compris en accompagnant les jeunes de plein de manières différentes. » 

En résumé, « la marque Tarmac » correspondait mieux à tes aspirations…

« Totalement. Surtout en ce qui concerne la vidéo. C’est assez incroyable mais je ne me suis jamais vraiment développé en vidéo et ça faisait longtemps que j’en avais envie. La radio ne m’offrait pas cette possibilité. Mais il y a aussi les sujets abordés. Quand je parlais de jeux vidéos à la radio, tout le monde m’a toujours clashé en me disant que ça n’avait pas d’intérêt, que ça ne parlait à personne… Mais les gars sortez de chez vous ! Regardez un peu le business que ça représente. Récemment, j’ai interviewé le réalisateur de l’animé Death Note. À la radio, on m’aurait dit que les mangas c’est un marché de niche. Mais aujourd’hui, même le gars qui ne lit pas de mangas dira qu’il kiffe tout de même Dragon Ball. « Ah, bah alors tu fais partie de l’univers frère ! » C’est ça qui est cool avec Tarmac. On est open-minded, ouvert à tous les sujets. Aujourd’hui, si j’ai envie de faire un tuto jardinage, je peux t’assurer que ça va intéresser des jeunes ! Si j’avais demandé de faire ça en radio, ça aurait été non. »

Je veux que le studio devienne la deuxième maison de nos followers.

Du jeu vidéo, du manga voire du jardinage… Il faut s’attendre à tout avec ta nouvelle émission !

« J’aime bien tenter de nouvelles choses. L’idée de l’émission, c’est de prendre les bases qu’on avait en radio et impliquer la vidéo. Impliquer, et pas simplement la rajouter, c’est important ! On est en live pendant 1h, avec de l’humour, du décalé, des vrais sujets d’actualité, des dossiers tabou qu’on pourrait difficilement aborder en radio mais que le digital permet d’évoquer sans langue de bois. Surtout, on va nous voir Lara, Nigel et moi, tels que nous sommes. On a une team de ouf ! ça fait 15 ans que je suis dans les médias, 3 ans que je bosse avec eux, et je n’ai jamais vécu une telle cohésion d’équipe. »

Un mot en particulier pour décrire l’émission ?

« L’interaction, c’est vraiment le mot-clé de l’émission. Sur YouTube, Facebook, Twitter, What’s App,… on aura les commentaires des followers en temps réel, et ça c’est magique. Si les gens nous disent : « Eh frère, ça nous saoule ce que vous dites-là ». On réagira. On ne lance pas quelque chose dans le cloud sans savoir ce qu’il y aura derrière. Ce sera du direct, on ne peut pas omettre, on ne peut pas masquer, et c’est ça qui est bien. On sera en Facetime avec ceux qui nous appellent. Si un mec nous contacte de Thaïlande, on lui demandera de nous montrer à quoi ça ressemble en direct. Si un autre est fan de foot et publie des photos sur Instagram, on ira voir son compte Insta et on le montrera en direct. Tout est faisable. Si un gars vient en studio et qu’il dit que son jeu vidéo préféré c’est Mortal Combat, on montera et on y jouera en direct. On peut aussi s’amuser à mettre des paniers de basket. On demandera alors à ceux qui nous regardent de parier sur qui va gagner. Ce que je veux, c’est que les followers se sentent comme chez eux, que le studio devienne une seconde maison. » 

VINZ, du lundi au vendredi entre 20h00 et 21h00 sur les réseaux sociaux de Tarmac. Également disponible en audio sur la DAB+ pour les habitués de la radio.

© MARTIN GODFROID 2019

© MARTIN GODFROID 2019

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