Doc Shot : à l’intérieur de l’État islamique

Comprendre et se souvenir. Voilà l’objectif de ce Doc Shot consacré aux combattants de Daesh. Ce soir à 22h10 sur La Une.

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« Moi, je sais que je ne suis pas une terroriste”. Cette femme dit n’avoir tué personne. Et ne rien regretter. Elle estime d’ailleurs que tout cela est derrière elle. Ils sont des centaines comme elle, à attendre que la France décide de leur sort. Des djihadistes et leur famille qui, pour beaucoup, ne s’assimilent pas à des terroristes. Durant une année, Kamal Redouani a compilé tout ce qu’il pouvait pour appréhender la machine Daesh, au plus près de ceux qui ont fait l’organisation à un moment de leur vie. Il a multiplié les rencontres pour constituer l’un des documents les plus fournis sur le sujet. Des femmes toujours sur le champ de bataille, un archiviste, une sage-femme, un prisonnier, un hacker… Le panel est aussi large que les tentacules qui émergent de Daesh.

Avec eux, il met au jour les mensonges répandus sur place, véritable propagande pour des hommes prêts à donner leur vie pour une cause qu’ils croient com- prendre, et des femmes qui pensent y trouver le confort nécessaire à l’éducation de leurs enfants. Les dernières images sont particulièrement insoutenables. On y voit une armée à l’agonie, prête à armer les plus jeunes pour défendre ce qui lui reste de territoire. Redouani le dit lui- même, c’est à un travail de mémoire qu’il s’est astreint. Il veut recomposer le puzzle complexe de l’État islamique avant que les traces ne disparaissent. Car elles sont aussi difficiles à trouver qu’à préserver. Le jeu de piste, passionnant, est également très lourd – il est régulièrement question de femmes, d’enfants, de veuves et d’orphelins. Laissant la diplomatie de côté, le docu se veut d’abord humain. Il se balade constamment entre la vie et la mort. Les vies et les morts que ces combattants et leur famille ont, sciemment ou non, données à l’organisation terroriste.

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