Noël en novembre, biscuits au gingembre

Quand on est harcelé par la pluie, le froid, le vent, avec un ciel si bas qu'on se cogne dessus et des feuilles mortes à la pelle qui se transforment en bouillasse, une lumière se dessine au bout du tunnel: l'arrivée des téléfilms de Noël!

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Plus que 19 fois dormir et ça y est. Le lundi 4 novembre, on oublie le temps de chien, le froid de canard, l’humeur de dogue et on sort le polar rouge et blanc qu’on ne rangera que début janvier. Car dès le 4 novembre, TF1 va diffuser du lundi au vendredi, à 13h55 et 15h55, les plus délicieuses daubes que puisse produire la télévision: des histoires à dormir debout où des personnages improbables au visage botoxé se noient dans les bons sentiments au son des clochettes et des christmas carols. Bref des pépites – de chocolat bien sûr – qui font chaque année le bonheur assumé de centaines de milliers de téléspectatrices.

Oui, des téléspectatrices. Ce n’est pas du sexisme, c’est un constat. Sauf réjouissante exception, le téléspectateur a bizarrement beaucoup plus de mal à comprendre le téléfilm de Noël. Une injustice éclatante face au charme délicat, à l’art consommé, pour ne pas dire à la science quasi exacte de ces fiction « de genre ». Mais foncièrement on s’en fout. Ca ne gâchera le plaisir de personne. Ni des producteurs qui exploitent gaillardement le filon. Ni des fans vautrés dans leur béatitude qui ne voient plus le monde que sous forme d’étoiles scintillantes au parfum de cannelle.

La box va le sentir passer…

Première boule à accrocher au sapin: Un nouveau chapitre pour Noël (oui, le mot Noël est obligatoire dans tous les titres), un inédit avec Scottie Thompson et Ryan Paevey (oui, de parfaits inconnus – les productions VIP avec des acteurs célèbres n’arriveront pas avant décembre). Le pitch? «Sydney et sa fille de 8 ans, Ray Anne, arrivent à Hopewell pour les vacances de Noël. Elles s’installent dans la grande maison que la grand-mère de Sydney lui a léguée. Elles passent leurs journées au Book Bea, la bien nommée librairie (vous aurez remarqué le jeu de mots avec le « chapitre » du titre, autre règle implicite du genre) de Bea, charmante propriétaire à l’approche de la retraite, qui a connu Sydney enfant. Bea force un peu le destin et rapproche l’instituteur de l’école élémentaire, Mac, un jeune veuf, et Sydney, qui a divorcé quelques mois plus tôt. La magie du lieu et des personnes opèrent… »

Tout y est! Les noms prédestinés (Hopewell…, tout un programme), le village charmant, la maison de famille, la librairie où les histoires se créent et les générations se croisent, la petite fille à croquer, et bien sûr les cœurs à prendre qui sont les seuls à ne pas comprendre qu’ils finiront fatalement par s’embrasser sous le gui. C’est naze? Ouiiiiiii. C’est naze, nunuche, naïf et niais. Rien à voir pourtant avec les histoires à l’eau de rose qui remplissent les grilles d’après-midi des les chaînes généralistes le reste de l’année. Parce qu’ici il y a des sapins, des casse-noisettes, des guirlandes, des patinoires, des lumières et des sourires caramel partout.

En fait, le téléfilm de Noël est une boule à neige dans laquelle on nous invite à entrer. Et on y réécrit avec des gros cœurs rouges tout ce qui dans la vraie vie se révèle compliqué ou même douloureux: les secrets de famille, les problèmes d’argent, la séparation, les rapports parents-enfants, la solitude. Tout ici trouve une solution servie avec un gros ruban. Et pendant 1h30, parce qu’on nous le raconte comme un conte, c’est avec délices qu’on fait semblant d’y croire.

Et plus il y a de téléfilms, mieux c’est. RTL-TVI va d’ailleurs s’y mettre aussi quelques jours plus tard. On peut vivre ainsi des Noël parfaits à répétition avant même le black friday. Le temps venu – dans 39 jours – nos fêtes à nous ne seront pas celles de Sydney, Ray Anne et Mac. Elles seront plus terre-à-terre, peut-être même pourries. Mais depuis le 4 novembre, on aura eu notre dose de poudre de fée, de pain d’épices, de candeur et d’hymnes à la joie comme Frosty the Snowman ou I Saw Mommy Kissing Santa Claus (oui, les chansons de Noël américaines sont vachement plus fun que les nôtres).

Et pour se mettre dans l’ambiance, voilà notre playlist :

Joy to the World

Last Christmas

Deck the Halls

Christmas is all around

We wish you a merry Christmas

Let it Snow Let it Snow Let it Snow

Rudolf the Red Nose Reindeer

All I Want for Christmas is you

Blue Christmas

Santa Claus is Coming to Town

 

 

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