Le procès de Lady Chatterley: censure contre littérature

En 1960, s’ouvre Le procès de Lady Chatterley qui buzze dans l’Angleterre puritaine. Back to the sixties.

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Premier épisode de la série “Les grands romans du scandale”, qui courra sur Arte jusqu’au 13 novembre, Le procès de Lady Chatterley aborde la censure pour atteinte aux bonnes mœurs – on verra ensuite la censure politique et religieuse. La soirée s’ouvre sur le film césarisé de Pascale Ferran avec Marina Hands, adapté du roman de D.H. Lawrence, qui raconte la passion de Constance, noble sortie de Downton Abbey, et de son garde-chasse. Une belle histoire de cul, simplement. 

De cul, de con, de baise, de couilles et de bites, il en est question dans le livre. L’auteur appelle une chatte une chatte. Dans le documentaire qui suit, on découvre que c’est ce qui choque en 1960 le procureur anglais qui veut faire interdire ces obscénités. Il a compté les “fuck” (31) et autres qui y apparaissent et les énumère à la barre. Une scène jubilatoire… Le document reconstitue en effet toute la bataille judiciaire. Car si le roman L’amant de Lady Chatterley paraît en 1928, à compte d’auteur et en Italie (Gallimard l’édite en France en 1932), il faut attendre l’après-guerre pour qu’il apparaisse dans les librairies du Royaume-Uni. Et il y défraie la chronique, pour son vocabulaire cru, mais aussi – surtout – pour sa peinture de la liberté sexuelle, du plaisir féminin et de la lutte des classes. Pour défendre le livre, l’éditeur (car c’est la maison Penguin Books qui est mise en accusation) plaide sa qualité littéraire et convoque des  critiques, profs d’université, romanciers… C’est de la liberté créatrice qu’il est question, rappellent les témoins d’aujourd’hui, dont la romancière Catherine Millet. L’art finit par gagner. Et l’Angleterre démarre sa révolution sexuelle. Un documentaire disponible sur Arte.tv jusqu’au 15 janvier. 

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