« Pop culture »: David Bowie, ce héros rockmantique

Il est né Jones, il s’est inventé Bowie. Ce Pop culture raconte les années d’ascension qui séparent les deux.

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Voilà un pur produit culte. Un film qui aurait pu servir de galerie des explorations capillaires des Trente Glorieuses n’eût été son sujet : David Bowie, l’artiste qui, découvre-t-on, se croyait trop avant-gardiste pour réussir (preuve qu’il faut arrêter de sous-estimer les goûts du grand public). Et surtout son parcours, à la fois romanesque et exemplaire de ce que peut un créateur ambitieux. En cela, d’ailleurs, ce Pop culture passionnera autant les fans que les – il paraît qu’il en existe – allergiques à la musique du White Duke.

Parce qu’il nous le montre enfant, très sage sur un portrait en noir et blanc sorti de La guerre des boutons, môme renfermé de parents britanniques (traduisez “réservés”), dans sa banlieue étriquée, déjà persuadé que le salut est dans l’évasion, s’évader de là, s’évader de soi. Puis ado, un rien frimeur, mod parmi ses premiers groupes, les éclipsant sur les clichés comme sur scène. Francis Whately les a retrouvés, les copains d’alors, les premiers producteurs, les musiciens qui l’ont accompagné. Entre les images d’archives, ils le racontent, dans des séquences que l’on ne connaissait pas, émouvantes et soulignées par les interviews de Bowie lui-même.

On croise ses amants, ses maîtresses, dont une confie: ”Tomber amoureuse de Bowie, c’était dire au revoir à sa santé mentale”. Parce que ce qu’il voulait, malgré les bides, les refus et le premier album que personne n’achète en 1967, c’était qu’on l’entende… Même lorsqu’il s’essaie au mime. C’est lent, le chemin de la gloire. Il faudra des années à Jones pour passer au roux et à la combi de Ziggy Stardust. Sous nos yeux, la chenille se métamorphose. L’écriture s’affûte, l’auteur se livre, se crée des doubles pour mieux parler de lui. Major Tom prend son envol… La comète est lancée. Elle continue de briller dans notre univers. On poursuit la soirée en 1972, avec le concert de Ziggy Stardust and the Spiders from Mars.

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