Étienne Davignon, le vrai roi des Belges

Il a vécu mille vies. Portrait d’Étienne Davignon, parrain de notre histoire politico-économique.

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À l’aube de ses 87 ans, l’homme a le verbe limpide et les idées bien rangées dans sa caboche. En juin dernier, il résumait une partie de sa vie par la voie de la plume, en publiant le passionnant Souvenirs de trois vies aux éditions Racine. Un ouvrage où il revenait aux sources – son enfance en Bulgarie, notamment – avant d’évoquer les multiples anecdotes ayant jalonné son parcours de diplomate, d’homme d’affaires et de vice-président de la Commission européenne. Aujourd’hui, Patrick Weber a décidé de le faire parler dans un nouveau numéro du Temps d’une histoire. Le “dernier dinosaure” y est questionné par Nicolas Delvaulx.

Étienne Davignon s’exprime avec un style qui l’a toujours caractérisé: l’anti-langue de bois. C’est d’ailleurs frappant, voire rarissime, pour un gaillard de sa trempe: il n’y a chez lui aucune volonté de polir le ton, ni d’édulcorer une carrière. Juste une envie de raconter les choses comme elles se sont passées et de ne rien cacher sur ce qui arriverait si notre pays n’ouvrait pas grand les yeux. Le portrait est évidemment copieux, puisque Davignon a emprunté bien des ponts. Il a traversé la Guerre froide, l’antichambre de la construction de l’Europe, les interminables problèmes communautaires, les conflits sociaux, les colères du monde ouvrier, les révolutions industrielles ou encore l’indépendance du Congo pour laquelle il a dû gérer la tristement célèbre prise d’otages de Stanleyville. C’est bien simple: pas moins d’un demi-siècle est enjambé par cet entretien-portrait où l’on découvre qu’Étienne Davignon n’était pas seulement un acteur du pouvoir, mais aussi un fin limier, un observateur phare et un véritable influenceur de ses coulisses. Une personnalité secrète, mais puissante, qui a littéralement régné sur nos vies.

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