« Patients »: une leçon de vie signée Grand Corps Malade

L'auteur-compositeur-interprète adapte au cinéma son autobiographie Patients et signe le récit d’un réjouissant retour à la vie.

© France 3

Des lumières qui défilent, un couloir froid, des voix diffuses, une sensation d’urgence, de palpitations accélérées, de chaos… En quelques plans fiévreux, nous voilà immergés dans la peau de Ben, transporté à l’hôpital à la suite d’un grave accident. Le voilà emprisonné dans son corps, lui-même retenu dans une petite boîte, sa chambre au centre de rééducation. Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade, filme avec un goût de romanesque sa propre histoire, adaptée de son autobiographie Patients. Le quotidien nouveau d’un jeune gars, espoir en baskets, incapable à présent de se lever, s’habiller, se laver, d’aller faire pipi tout seul. Les séances interminables de kiné, les espoirs infimes des tout premiers mouvements, la lenteur cynique de la guérison, la vie, cloîtré dans un fauteuil roulant… Mais tout cela sans pathos.

Pas franchement le genre de la maison, pour ceux qui connaissent le chanteur, grand échalas sur canne aux yeux pétillants et à la voix grave et rassurante. Avec son complice Mehdi Idir (réalisateur de ses clips), c’est la voie de l’humour que le chanteur va choisir. Et de l’hymne à la vie, montrant avec raison qu’à plusieurs, on est plus forts. Avec sa bande d’éclopés (les tétras, les traumas…), Ben (excellent Pablo Pauly) découvre que cette cour des miracles peut devenir un lieu de vie palpitant où l’on se chambre (parfois avec dureté), où on drague, où “se passer le sel” est une aventure plus grande que de grimper l’Himalaya. Où on rit aussi. Beaucoup.

Malgré son sujet et deux-trois vannes un peu forcées, Patients (auquel Grand Corps Malade confère une justesse surprenante pour un premier film), est un concentré d’espoir pas gnangnan. Un slam à la vie qui vous remet sur pied.

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