Qui est PewDiePie, premier YouTubeur à dépasser les 100 millions d’abonnés ?

Sa popularité est à la mesure des polémiques qu’il est capable de susciter. Retour sur le parcours atypique de PewDiePie, l'empereur de YouTube.

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La popularité du Suédois cache une relative méconnaissance sur son cas de la part du grand public, pas toujours rompu aux codes d’internet. Avant de devenir l’un des pionniers de YouTube, PewDiePie, de son vrai nom Felix Kjellberg, était étudiant en économie industrielle et gestion de technologie. Mais plutôt que de suivre les traces de ses parents, tous deux cadres haut placés dans leurs entreprises respectives, il choisit en 2011 de se lancer pour de bon sur YouTube et, parallèlement, de vendre des hot-dogs pour subvenir à ses besoins.

Sa chaîne décolle rapidement avec un million d’abonnés en 2012, avant de devenir la plus suivie de la plateforme en 2013, titre longtemps incontesté. Son ascension s’est prolongée de manière graduelle, notamment grâce à la variété des contenus proposés. Dans un premier temps, “Pewds” s’adonnait essentiellement au gaming, se mettant en scène lorsqu’il jouait à des jeux d’horreur. Cela donnait lieu à des situations vaguement drôles où il s’évertuait à hurler de la manière la plus stridente qui soit. Comprenant que cet humour gentillet avait une durée de vie assez limitée, il entreprend alors de se diversifier par l’entremise de sketches, de vidéo-commentaires et occasionnellement de clips musicaux.

Gamer, vlogger, nigg**

PewDiePie le gamer laisse place à PewDiePie le vlogger. Uploadant du contenu de manière presque quotidienne, il adopte un rythme qui fait atteindre à sa chaîne un total de près de 4000 vidéos. Mais, en s’aventurant sur le terrain glissant du commentaire, il risque à tout moment le dérapage. Lui qui était guilleret et enjoué en toutes occasions, se fait plus cynique et incisif. Ses prises de position dénotent un mépris profond pour le politiquement correct et un esprit critique acéré, faisant de lui l’un des chantres de l’irrévérence adulé par une génération dont la parole a été libérée par Internet.

Mais son immaturité lui joue des tours. Ses couacs se font plus fréquents et ses détracteurs ne tardent jamais à les relever. Il prononce le mot proscrit “nigger”, fait la promotion de chaînes YouTube à l’idéologie sous-jacente discutable, et il fait écrire à des jeunes Indiens une inscription sur laquelle il est indiqué “Mort aux Juifs” sur la plate-forme Fiverr pour en démontrer l’absurdité.

Les médias traditionnels, comme le Wall Street Journal, se sont emparés de l’affaire et ont descendu en flammes Kjellberg, profitant amplement de la notoriété du vidéaste pour générer une audience bienvenue. La popularité que PewDiePie a gagnée auprès de la communauté d’extrême-droite ne l’a certainement pas aidé à se faire pardonner aux yeux de l’opinion publique, en dépit de toutes les excuses qu’il a pu exprimer.

La maladresse de l’outrance

Certains considèrent que PewDiePie a fait preuve de maladresse, d’autres qu’il adopte un discours inutilement offensant et dangereux pour ses plus jeunes fans. Ce qui est certain, ce qu’à trop faire de l’outrance pour faire de l’outrance, une communauté guère recommandable s’est entichée de lui. Disney, qui collaborait avec lui, a d’ailleurs décidé de couper les ponts, préférant investir dans ce duo d’abrutis finis que sont les frères Paul, bien plus dangereux soit dit en passant que leur homologue suédois.

Mais PewDiePie demeure un youtubeur intelligent, qui saisit parfaitement les tendances du moment et peut même se permettre de les définir, fort de ses 100 millions d’abonnés. Son personnage est une sorte de panaché des traits de personnalité saillants de ses confrères et amis youtubeurs. Son côté caméléon explique la fidélité de ses fans, jamais perturbés par les différentes phases qu’a traversées leur idole. Son récent mariage avec Marzia Bisognin, également youtubeuse et compagne de longue date, coïncide parfaitement avec un adoucissement de son comportement et son retour aux sources vidéoludiques au niveau du contenu qu’il propose.

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