Documentaire : Hirohito, le dernier dieu nippon

Atypique et ambigu, Hirohito fut l’empereur de tout un siècle. Et de plusieurs époques.

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1901-1989: l’épitaphe de l’empereur Hirohito est éloquente. L’homme a traversé pratiquement un siècle entier de l’histoire nipponne, s’éteignant il y a tout juste trente ans après un règne mouvementé. Les Japonais eux-mêmes ne savent pas très bien s’ils doivent l’aduler ou le détester. Tout comme les historiens, qui n’ont toujours pas réussi à séparer les parts d’ombre et de lumière d’un C.V. disloqué. Hirohito l’a bien cherché, lui qui devient empereur à l’âge de 25 ans après avoir été biberonné aux préceptes militaires, au shintoïsme – la croyance en la nature et ses forces – et au caractère divin de son statut privilégié. C’est un “empereur dieu”. Un monarque que l’on n’a pas le droit de toucher, ni même de regarder dans les yeux. Et qui multiplie les actes, les décisions ou les silences sacrément étranges.

C’est notamment le cas lorsqu’il envahit la Chine dans les années 30, autorisant ses soldats à commettre des actes barbares sur la population occupée: rapts, viols, pillages et tortures. Ou lorsqu’il ne fait rien pour éviter la Seconde Guerre mondiale, concluant un pacte de non-agression avec la Russie de Staline, avant de laisser ses forces militaires attaquer Pearl Harbor. Certains historiens prétendent que l’empereur aurait été manipulé. D’autres, que son tempérament belliqueux aurait conduit à Hiroshima et Nagasaki. Ce n’est qu’après ces événements que les Japonais entendent pour la première fois la voix de leur guide suprême, lorsque celui-ci s’adresse au peuple pour annoncer la capitulation du pays. La suite, vous la suivrez dans Le siècle d’Asie, qui relate comment le dieu déchu est parvenu malgré tout à retrouver ses fidèles.

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