Les démons de Ludivine: traverser l’Espagne et mûrir

Pour éviter le foyer d'accueil, une gamine “à problèmes” s’engage dans un périple de 1.700 km, coupée du monde. 

© Prod

Le film s’ouvre sur une boîte de nuit, l’un des derniers moments de liberté de Ludivine. Liberté au sens où elle l’entend, elle qui aime faire la fête et des conneries. À quinze ans, elle a déjà fugué et a été virée du lycée à plusieurs reprises. Elle se bat aussi, beaucoup. Rien n’a d’importance pour elle, et rien n’a de conséquence. Jusqu’au jour où elle se retrouve, désarmée mais provocante, devant la juge des mineurs. La seule solution qui semble s’offrir à elle est le placement en foyer ou en famille d’accueil. Mais la juge lui propose une dernière échappatoire: parcourir 1.700 km à travers l’Espagne, à pied, sans téléphone, sans musique et accrochée aux basques d’une accompagnatrice. 

En un voyage, laborieux puis revigorant, c’est toute une vie qui se dresse face à nous. Soucieux de contrer la répression qui encadre généralement la justice des mineurs, certains juges, poussés dans le dos par des associations, acceptent de laisser une dernière chance à ces jeunes en manque de repères via cette alternative. Une démarche rare et réfléchie qui donne un film intimiste, tendre, patient et émouvant, signé Axelle Vinassac.

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