« Elle l’a bien cherché », un docu choc sur le parcours de quatre victimes de viol

Entre tribunaux et préjugés, Elle l’a bien cherché montre le parcours de quatre victimes de viol ayant eu le courage de porter plainte.

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Les victimes d’agression sexuelle sont de plus en plus encouragées à porter plainte. En France, sur 250.000 viols chaque année, à peine 16.000 seront déclarés dans un commissariat. Un chiffre finalement peu étonnant lorsqu’on sait l’épreuve qui les attend. Un chemin tumultueux illustré dans ce documentaire édifiant de Lætitia Ohnona. Tout commence au sein de la Brigade des mœurs d’une ville française où Marie, 20 ans, vient déposer une plainte pour viol à l’encontre du petit ami de sa tante. Derrière le policier en charge du dépôt, trône un poster de Fifty Shades Of Grey sur lequel on peut lire “Lâcher prise”. “Drôle” de choix pour un bureau dont l’utilité est d’entendre des récits de viol…

En 48 heures, Marie aura déjà raconté son histoire cinq fois. Elle devra la répéter inlassablement, maîtriser ses angoisses, subir les questions intimes des policiers et les examens gynécologiques, et espérer peut-être un procès en cour d’assises. Trois quarts des plaintes pour viol n’aboutissent généralement pas. Seule une sur dix se retrouve en cour d’assises où les peines appliquées à l’agresseur sont souvent minimes, comme le révélera le procès de l’agresseur de Muriel, 42 ans, violée à la suite d’une soirée arrosée qui a dérapé. Se sentant coupable d’avoir trop bu, elle devra apprendre que dans un viol, une seule personne est coupable: le violeur. Comme l’explique son avocate, les agressions sexuelles sont les seuls crimes dans lesquels la victime se sent coupable, et non l’agresseur. Le résultat d’un système patriarcal et d’une culture du viol encore bien ancrée dans nos sociétés, même après l’affaire #MeToo. Au plus près de quatre femmes à différents stades de la procédure, Lætitia Ohnona livre un docu poignant, difficile à voir, mais nécessaire. 

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