Deux films, deux regards sur l’attentat d’Utøya

Deux films de fiction ont déjà été consacrés au massacre d’Utøya. Différents, mais soucieux du devoir de mémoire. Utøya, 22 juillet à découvrir ce soir sur Be tv, et Un 22 juillet sur Netflix.

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Norvège, 22 juillet 2011. Quelques heures après l’explosion d’une bombe qui a fait huit victimes à Oslo, l’auteur de l’attentat, un terroriste d’extrême droite, débarque lourdement armé sur l’île d’Utøya, où des jeunes sont réunis dans un camp de vacances de la Ligue des jeunes travaillistes. Le carnage déclenché par le criminel fera soixante-neuf morts. Une telle tragédie peut-elle être relatée au cinéma? Et comment trouver le ton juste, compte tenu du traumatisme profond des survivants et des familles des victimes? Le réalisateur Erik Poppe tenait à entretenir le souvenir de ces événements douloureux en constatant que, six ans seulement après les faits, ceux-ci semblaient déjà s’estomper dans les mémoires. 

Le choix opéré est tout aussi audacieux que risqué. Tourné caméra à l’épaule et en temps réel (l’attaque elle-même a duré précisément 72 minutes) dans un plan-séquence terriblement anxiogène, Utøya, 22 juillet (photo) ne manque toutefois pas de préciser au générique que “le film est une œuvre de fiction basée sur la réalité. Ce n’est pas un documentaire. C’est un des reflets de la réalité. Il peut y en avoir plusieurs”. Le meurtrier, lui, n’est filmé qu’à l’arrière-plan et son nom n’est jamais prononcé (comme nous ne le ferons pas non plus).

Paul Greengrass fera le chemin inverse dans Un 22 juillet. Le cinéaste américain y aborde surtout les suites: le long procès du terroriste, mis en parallèle avec l’histoire d’une famille meurtrie par les attentats. Chacun à leur manière et sans éviter la polémique, Poppe et Greengrass ont choisi de rappeler à quel point toute forme d’extrémisme peut déboucher sur le pire.

Utoya, 22 juillet, mardi 16 sur Be 1 à 20h30.
22 juillet, sur Netflix

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