Game of Thrones: Le roi de l’ennui

Sobrement intitulé The Last of the Starks, le quatrième épisode de cette ultime saison a établi l'enjeu de ce que seront les dernières heures de la série. Et aussi quelques inquiétudes. Attention: spoilers.

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Enfin le show déroule son intrigue au-delà de Winterfell. C’est la bonne nouvelle. Il n’y en aura pas beaucoup d’autres. L’air est déjà un peu moins frais après la beuverie organisée dans le château des Stark pour célébrer la victoire des vivants sur les morts et surtout la disparition de l’ennemi emblématique de Game of Thrones: le Roi de la Nuit.

On vit donc l’épisode à travers les yeux de Daenerys, qui a conquis les terres d’Essos, soulevé les peuples, promis des temps nouveaux et s’est sacrée Reine en débarquant à Westeros, avant de foncer vers le Trône de fer et ses Sept Royaumes. Rien que ça. Et pourtant, sa puissance décline d’heure en heure. L’épisode 4 faisant 80 minutes, ça donne une idée du revirement scénaristique.

Mais qu’arrive-t-il à notre série adorée ? Plus les épisodes s’écoulent, plus le show s’ancre dans la pure tradition des divertissements hollywoodiens. Les ficelles narratives sont tirées avec si peu de finesse que l’on a parfois la trouble impression d’assister à un jeu de marionnettes désarticulées. Que ce soit avec la romance entre Jamie Lannister et Brienne de Torth, qui s’effondre lorsque son prince charmant lui indique qu’il va finalement rejoindre sa sœur après deux nuits passées dans son lit, ou encore lors des embrassades des « meilleurs amis » Jon Snow et Samwell Tarly,  on a l’impression de se retrouver dans un moments creux de How I Met Your Mother, les vannes en moins.

The Last of the Starks inverse les attentes du public. Dans l’esprit de nombreux téléspectateurs, la confrontation de Daenerys avec Cersei était censée avoir lieu avant la bataille décisive contre le grand méchant Roi de la Nuit. La mort a changé son arbalète d’épaule. Pourquoi pas?  Mais la disparition de Rhaegal, le dragon de Daenarys sérieusement blessé par l’armée des morts lors du précédent épisode, est un autre élément à charge de cette simplification de l’intrigue. Alors qu’il avait résisté à des centaines d’ennemis, annéanti des armées et fait trembler des forteresses, la créature mythique s’effondre en trois flèches scorpions de Qyburn bien placées. Une dans la poitrine, une dans la gorge et une troisième dans la tête viennent à bout de l’imposant dragon qui sombre dans la mer, face à la flotte d’Euron Greyjoy, qui s’était miraculeusement cachée derrière un banc de rocher. Du ciel, c’est bien connu, on ne voit rien.

La déchéance de Daenarys est amenée aussi subtilement qu’un retournement de veste de Varys, son fourbe conseiller. Le dernier mot de Missandei, « Dracarys », le fameux appel à ce que les dragons crachent le feu, résonne tristement dans le vide quelques instants avant qu’elle ne soit décapitée. Encore un personnage secondaire en moins et un autre symbole de la toute récente impuissance de la Khaleesi. Il pourrait s’agir d’une manière de nous préparer au décès de la prétendante au Trône de Fer. Interrogée par Jimmy Kimmel sur le plateau du Tonight Show, l’actrice Emilia Clarke alias Daenerys Targaryen a annoncé un épisode 5 à couper le souffle. Le sien ?

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