Un docu pour déconstruire le mythe Alain Delon

Laurent Delahousse propose un documentaire sur Alain Delon, cet éternel enfant.

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La solitude. Dès l’enfance. À plus de 80 ans, elle le nourrit encore. Marqué par l’absence du père, il fera tout pour attirer l’attention. Quitte à devenir acteur, un des plus grands de sa génération. Cette blessure familiale, Alain Delon ne la refermera jamais. Cette fragilité, il la retrouve chez Romy Schneider, avec qui il partage l’affiche pour son premier grand rôle au cinéma. Après la guerre d’Indochine, il débarque seul à Paris en 1956. Il se démarque par son magnétisme et sa photogénie. Il est prêt à tout et par chance, il est beau comme un dieu. Le film Plein soleil le starifie. Il fait tourner la tête des filles… mais aussi de certains garçons comme le réalisateur Visconti qui le magnifie ensuite dans le rôle de Rocco. En 1972, Jean-Pierre Melville lui façonne une nouvelle apparence. Il participe à construire le mythe Alain Delon avec Le samouraï et Le cercle rouge.

La mort de ses deux pygmalions est un coup dur pour l’acteur. À partir de 60 ans, Alain Delon a perdu la première place, comme si la gueule d’ange devait rester immortelle. C’est le moment où il décide de s’isoler dans sa propriété de Douchy où il vit seul avec ses chiens. Les ombres du passé hantent les murs. Des photos de tournage ornent un long couloir. Le souvenir des gens qu’il a aimés mais qui ne sont plus, d’un cinéma qui n’est plus. La mort de ses amis, des amours de sa vie (Romy Schneider, Mireille Darc), c’est un pan entier de son monde intime qui s’effondre. Alors il reste là, terré comme un loup, avec sa misanthropie et sa difficulté d’accepter le temps qui passe. Alain Delon a beaucoup parlé de lui-même à la troisième personne, aujourd’hui, il laisse la parole à ses proches dans ce documentaire.

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