Retour aux sources : parce qu’il le fallait

Les filles de l’Escadron bleu rend hommage à des héroïnes de l’immédiat après-guerre. Poignant.

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Ce film ne s’adresse pas qu’aux férus d’histoire. Ce n’est pas un énième documentaire scandé d’images d’archives plus ou moins inédites de la Deuxième Guerre mondiale. C’est une belle histoire, une grande histoire, une histoire oubliée, une histoire qui inspire. C’est l’histoire de l’Escadron bleu. Même si Anne Fontaine en a tiré un film, Les innocentes (2016), qui se souvient de Madeleine Pauliac et de ces conductrices-ambulancières de la Croix-Rouge française? Quasi personne. Espérons que quelques couche-tard viendront grossir leur bataillon aujourd’hui. Résumons. Mai 1945. L’Europe est dévastée, au bord de l’anarchie. Plus rien ne fonctionne, les magasins sont vides, les frontières sujettes à toutes les tractations, les villes détruites et les gens perdus. 50 millions de déplacés espèrent rentrer chez eux.

C’est là qu’interviennent les filles de l’Escadron bleu. Sous la conduite du médecin Madeleine Pauliac, ces jeunes volontaires partent en Pologne. Leur but? Soigner et évacuer au plus vite les Français rescapés du STO, prisonniers des stalags, survivants des camps. Le rideau de fer s’apprête à tomber, l’armée soviétique veille, viole et rôde. Entre le 22 juillet et le 11 novembre, ces onze bénévoles vont retrouver, exfiltrer et rapatrier 1.480 personnes et effectuer 200 missions depuis leur hôpital de Varsovie, au péril de leur vie. Elles n’en tireront pas gloire, elles ne se pensent pas héroïnes, elles ont fait ce qu’il fallait, disent-elles. Philippe Maynial, auteur du film, est le neveu de Madeleine Pauliac. Avec la réalisatrice Emmanuelle Nobécourt, il nous offre un magnifique document, une leçon de solidarité, de courage et d’engagement. Les documents qu’il a rassemblés évoquent notre présent. De quoi nous faire rougir et réfléchir, dans le confort de nos pantoufles.

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