Obsession : tricher n’est pas jouer

Un apparent plagiat mène une professeure et son étudiante à une opposition obsessionnelle.

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Succès de diffusion en Grande-Bretagne, Obsession pourrait séduire le public francophone, dans la lignée de Dr Foster ou Killing Eve. Ce thriller psychologique déploie, sur quatre épisodes en tension, l’affrontement sans limite entre une enseignante qui travaille à l’université et son élève. Leah Dale est une brillante professeure de sociologie, en attente d’une titularisation. Un jour, elle convoque une étudiante, Rose, peu intéressée par sa matière, pour lui faire part de ses doutes sur sa dernière dissertation rendue. Le texte, bien argumenté, semble d’un autre niveau que ses médiocres écrits précédents. Se sentant humiliée, l’étudiante entreprend d’entacher la réputation de l’enseignante, d’envahir sa sphère privée et mentale, alors que sa victime cherche désespé– rément une preuve de fraude. L’opposition tourne à l’obsession mutuelle.

La minisérie, écrite par Gaby Hull et réalisée par Louise Hooper, mélange trois temps de récit pour mieux brouiller les pistes de compréhension du téléspectateur. Et elle ne lésine pas sur les retournements de situation, souvent attendus cependant. En effet, Obsession se révèle assez classique dans son ensemble, et les personnages restent des archétypes aux réactions très convenues – même si le portrait des figures masculines est particulièrement peu flatteur. Sous ses airs de thriller psychologique tendu et efficace, reprenant les meilleures ficelles du genre, la fiction montre évidemment une famille en train d’imploser. Chacun y va de sa culpabilité, aux conséquences indirectes tragiques, tandis que le face-à-face des héroïnes fonctionne en miroir, sur lequel plane la figure paternelle. La partie d’échecs est âpre, sans merci ni temps mort. Sa forme hale-tante pourrait retenir les téléspectateurs qui ont récemment boudé Trapped.

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