Escape at Dannemora : la première série de Ben Stiller est une réussite

L'acteur (et réalisateur), loin des comédies qui lui collent à la peau, livre un thriller sombre, psychologique et prenant. 

0412972

C’est une cavale qui a fasciné les États-Unis durant l’été 2015. Deux détenus d’un centre pénitentiaire de l’État de New York sous haute sécurité arrivent à s’échapper. Ils sont les premiers en cent ans à réussir cet exploit. Richard Matt et David Sweat quittent la prison par un tuyau à vapeur, grâce à la complicité d’une employée de la maison d’arrêt qui entretient des rapports sexuels avec les deux hommes.

Pour mettre en scène cette histoire exceptionnelle, Ben Stiller (qui réalise pour la première fois une série télévisée) a décidé de s’entourer d’un casting exceptionnel : Patricia Arquette (méconnaissable, l’actrice a pris vingt kilos pour le rôle), Benicio del Toro (prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes pour son rôle de Che Guevara dans Che) et Paul Dano (Okja). Tons bleus et grisâtres, bande-son surprenante (de Bob Dylan à Jessie J en passant par Sam Smith et Metallica), Escape at Dannemora surprend par son style polar mélangé à une analyse psychologique profonde des personnages extrêmement bien écrits. Patricia Arquette (Golden Globe 2019 de la meilleure actrice) est méconnaissable en femme dépressive et en manque d’affection.

Pour se rapprocher encore plus de l’histoire originale, Stiller va même jusqu’à filmer plusieurs scènes dans une des cours de la prison de Clinton où Matt et Sweat purgeaient leur peine (perpétuité). Il a également rencontré David Sweat en prison pour discuter avec lui de ces événements uniques. Dans un épisode dédié aux passés des deux criminels, Stiller a l’intelligence de rappeler au spectateur que ses deux héros sont de sérieux criminels, évitant ainsi une glorification déplacée. Le résultat est une série prenante et diablement réussie.  

Sur le même sujet
Plus d'actualité