Doc Shot : l’occident, complice de crimes de guerre ?

Le conflit entre le Yémen et l'Arabie Saoudite a tué 50.000 civils. L'Occident n'est pas innocent.

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On aurait pu penser que le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi éveillerait les consciences sur la guerre entre le Yémen et le Royaume saoudien. Suite à cet assassinat, l’Allemagne avait en tout cas décidé d’arrêter de vendre des armes au pays du roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, mais certaines entreprises allemandes ont réussi à contourner cette interdiction. Ainsi, les bombes de l’industrie Rheinmetall ont été retrouvées sur des scènes qualifiées de « crimes de guerre » au Yémen. La France et l’Angleterre sont également accusées de vendre des armes à l’Arabie Saoudite, initiatrice d’un blocus qui accélère une grave famine dans le pays. En octobre dernier, le New York Times choquait en montrant des images d’enfants yéménites squelettiques, premières victimes de cette pandémie. Pour l’ONU, il s’agit de « la plus grande catastrophe humanitaire en cours ».

Ce documentaire d’Alexandra Jousset commence sur une simple sortie scolaire, en août 2018. Dans un bus, une vingtaine de petits garçons se préparent à démarrer. Mais le véhicule est frappé par une bombe de l’armée saoudienne. 51 personnes perdent la vie dont 40 enfants. Parmi eux, Ali (11 ans), le fils d’Ahmed, un père de famille qui se rendait au marché. La famine, la mort de milliers de civils innocents. Tout a été dénoncé par de nombreux rapports de l’ONU et des ONG internationales. Et malgré plusieurs traités interdisant de fournir des armes à un pays coupable de tels crimes, les grandes puissances européennes continuent leur business avec l’Arabie Saoudite. En suivant le travail d’ONG sur le terrain, Crime de guerre au Yémen révèle par exemple l’existence de nouveaux contrats entre le Royaume saoudien et la France. Il dévoile ainsi les secrets d’un sombre trafic et le double discours de nos démocraties. À voir.

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