Génocide au Rwanda : la responsabilité française

Quel rôle la France a-t-elle réellement joué dans la tragédie du génocide rwandais?

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Au début des années 90, entre 400 et 1.000 soldats français vont former et entraîner l’armée rwandaise. La coopération entre les deux pays est extrêmement forte. Un soutien destiné à sauver le régime hutu du président Juvénal Habyarimana face à la menace des Tutsis du FPR (Front Patriotique Rwandais), immigrés en Ouganda et prêts au combat. L’état-major français va même jusqu’à confirmer des livraisons d’armes au Rwanda. À l’époque général, Jean Varet prévient Paris des risques de génocide. Une alerte qui restera sans suite.

Le 7 avril 1994, l’avion d’Habyarimana est frappé par un missile. Et la France réitère son soutien au gouvernement intérimaire, constitué d’extrémistes hutus. ”Sur un chemin ce jour-là, j’ai croisé un gendarme, explique un ancien milicien hutu. Il m’a dit: “Il n’y a pas de travail aujourd’hui. Habyarimana est mort. On va s’organiser”. Les gendarmes nous ont dit d’aller tuer tous les Tutsis qui passeraient à nos barrages. J’ai tué neuf Tutsis.”

Pendant deux mois, le nombre de morts atteint les 10.000 chaque jour. Sous la demande de l’ONU, l’armée française finit par intervenir. Mais l’opération Turquoise, présentée comme humanitaire, est dans un premier temps l’occasion de déployer les meilleures unités d’élite de l’Hexagone. L’armée française est témoin du dernier génocide mondial du XXe siècle. C’est après avoir rencontré des centaines de rescapés que l’opération Turquoise se transformera véritablement en une mission humanitaire. Le documentaire Rwanda: chronique d’un géno-cide annoncé mêle des images d’archives, des reconstitutions et des interviews d’anciens militaires et dirigeants français pour replonger au plus précisément dans le contexte de l’époque. 30 minutes très intenses qui bousculent pas mal d’idées fixes sur cet horrible conflit civil.

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