Opération Peter Pan : 50 ans sans racines

L’exode des enfants cubains aux États-Unis fait partie de ces pages honteuses de l’histoire.

1f7f6be8-545f-11e9-8597-ea65c9fc2fd0_web_

Par son nom, l’Opération Peter Pan semble une entreprise positive, visant à sauver des enfants perdus. La réalité n’a rien à voir avec un conte de fées. L’Opération Peter Pan est une tragédie qui a touché 14.000 mômes. 14.000 mômes cubains envoyés aux USA par leurs parents entre 1960 et 1962. À l’époque, les familles tremblaient face à une rumeur activement relayée par l’Église catholique: le régime de Castro allait kidnapper les petits et les envoyer se faire endoctriner dans des camps en URSS. On nage en plein fantasme du péril rouge, de l’hydre communiste. L’endoctrinement n’était pas là où on le croyait. Et a eu des conséquences terribles sur l’existence de ces milliers de déracinés, obligés de grandir loin de leurs racines, de leur pays, de la protection des leurs, puisque la crise des missiles a coupé la communication entre les belligérants.

Qui était, pour de vrai, à la manœuvre? Quels étaient les enjeux? Qui a créé de toutes pièces cette légende urbaine? Et aujourd’hui, que sont-ils devenus, ces enfants perdus? C’est tout le propos de l’enquête menée par La case du siècle. Dans ce deuxième volet de leur cycle consacré aux mineurs dans les conflits du XXe siècle, l’on ne se contente pas de décrire une situation à coup d’images d’archives. Le reportage, déjà, a retrouvé six de ces exilés, cinquante ans plus tard. Ils partageront leur histoire. À côté, José Buajasán Marrawi, chef des services secrets cubains de 1959 à 1980, apportera sa version de l’histoire, en abordant l’implication de la CIA. Des propos appuyés par l’éclairage de politologues et professeurs de science politique et d’histoire des universités de Washington et de La Havane. Une drôle d’affaire, oubliée, peut-être soigneusement enterrée, qui nous replonge au temps de la guerre froide.

Sur le même sujet
Plus d'actualité