Une vie après : les histoires d’amour finissent mal

Émilie Dequenne fait exploser la vie bien rangée de ceux qui gravitent autour d’elle dans un film aussi doux qu’efficace. 

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“Avec le temps, va, tout s’en va” disait le poète. Léo Ferré a peut-être inspiré cette fable sur l’érosion (parfois) inéluctable des sentiments. Un jour de lassitude, Marion (Émilie Dequenne) se retrouve à papoter avec Dominique (Frédéric Pierrot) dans une boîte. L’alcool aidant, elle s’ouvre à son ami éphémère et lui confie son intention de quitter son mari, alors même que ce dernier s’amuse sur la piste de danse ignorant le sort funeste de son mariage. Elle n’a pas grand-chose à lui reprocher, elle ne l’aime plus. Et elle veut reprendre le contrôle sur sa vie, retrouver un boulot, renouer avec son passé de grande sportive. Une quête qui l’amène jusqu’à un petit job de serveuse dans un restaurant tenu par… Dominique. Si pour Marion, la confidence d’une soirée alcoolisée n’était qu’anecdotique, elle a permis à Dominique de mettre des mots sur le malaise que lui inspire son propre mariage. S’éclatent donc non pas une, mais deux familles. Via une structure en trois actes conclue par un épilogue, le très respecté Jean-Marc Brondolo (Un village français, Engrenages) livre un film mélancolique, un peu pesant mais extrêmement maîtrisé et passionnant de bout en bout.

Quand Arte se lance dans l’exercice, on sent qu’il y a téléfilm et téléfilm. Les personnages principaux sont complexes, les secondaires fouillés. Un scénario simple, sans fioritures, primé au festival de la Rochelle, et des acteurs dans le ton. Émilie Dequenne, qui n’a plus rien à prouver en jeune femme en recherche de soi, et Frédéric Pierrot, lui aussi récompensé au festival de La Rochelle, donnent vie à tous ceux qui un jour ont remis l’immuabilité de leurs choix en question. Et qui ont dû faire face aux conséquences, sur eux-mêmes et sur leurs proches. 

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