Quand sort la recluse : un petit bijou

Quand Josée Dayan adapte Fred Vargas, on retrouve toute la noblesse de la fiction française.

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C’est ce qu’on appelle un (double) téléfilm de prestige. Une production qui s’écarte des modèles classiques, des personnages interchangeables, et convainc des grands noms de s’associer à un titre dont ils seront fiers. Au départ: les livres de Vargas, qui sait tisser les atmosphères autour d’enquêtes étranges et bien écrites. Emmanuel Carrère, qui signe un scénario et des dialogues succulents. Et Josée Dayan, qui a fait sa carrière de réalisatrice télé sur des œuvres particulières traitées de façon très personnelle. Elle a entamé en 2008 une Collection Fred Vargas avec un casting trois étoiles mené par Jean-Hugues Anglade (à droite). En deux ans, elle en a signé quatre, où l’on a vu passer Jeanne Moreau, Charlotte Rampling, Myriam Boyer ou Jean-Pierre Léaud.

Dix ans plus tard, le commissaire Adamsberg s’intéresse à trois hommes, morts en quelques jours d’une piqûre de recluse, une araignée généralement inoffensive. L’affaire n’intéresse que les arachnophiles, mais Adamsberg n’en démord pas. Commence alors une plongée dans la vie de ces recluses, dans le profil des victimes, et dans le propre passé d’Adamsberg. Autour de lui, Sylvie Testud, fragile et intense en lieutenant geek confrontée au terrain, Corinne Masiero (Capitaine Marleau), mais aussi Pierre Arditi, Élisabeth Depardieu (à gauche) ou Christian Vadim. Des dessins de Philippe Druillet à la musique de Benjamin Biolay, rien n’a été laissé au hasard. Même les araignées qui ne sont que délicatement suggérées, sans risque de réveiller des phobies. Résultat, au terme de cette histoire où le chemin vers la vérité est presque plus intéressant que le dénouement, on a à la fois envie de voir d’autres épisodes et de lire les romans de Vargas. Une belle réussite. 

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