Le grand échiquier : la dame Lapix s’installe

Pour sa deuxième (ré)édition, Le grand échiquier n'a pas revu ses ambitions. Place à la Culture.

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France 2 avait annoncé trois numéros par an. Promesse tenue, malgré une première en demi-teintes. Le 20 décembre, Anne-Sophie Lapix ressuscitait l’émission culturelle majeure de Jacques Chancel, 39 ans après son clap de fin. Michel Field, chargé de mission culturelle pour France Télévisions, avait martelé sur les réseaux sociaux: il s’agissait de “donner au public, non pas ce dont il a envie, mais ce qu’il ne sait pas qu’il en a envie”. Tourné à Lille et en direct, ce prime s’était largement orienté vers le classique. Côté audiences, il avait quasi rempli ses objectifs, avec 10 % de parts de marché et 2,02 millions de téléspectateurs. Moins que les rendez-vous habituels du jeudi (2,6 millions) mais un score honorable.

Côté contenu, malgré un live de Vanessa Paradis et Jain ou une lecture de la correspondance de Camus par Emmanuelle Béart, on a reproché à l’ensemble un manque de rythme et une réalisation rétro un peu poussive. Cette fois, Anne-Sophie Lapix voit plus large. En direct de Lyon, elle invite Laurent Gerra et Renaud Capuçon, deux figures populaires et télégéniques. À leur côté, les intervenants seront davantage mis en avant. On attend avec impatience les géniaux chorégraphes Yann Bourgeois et Mourad Merzouki, qui ont insufflé du cirque, pour l’un, du hip-hop, pour l’autre, dans la danse contemporaine. Jane Birkin et Vincent Dedienne promettent un duo surprenant et, on l’imagine, émouvant. Angèle chantera en live, accompagnée par l’Orchestre national du conservatoire, dirigé par Vladimir Cosma (!). La grande culture a mis de l’eau dans son vin et compris qu’il fallait proposer plus d’artistes accessibles pour amener vers les autres. Espérons que la ligne éditoriale n’ait pas changé et que l’on ne sacrifie pas l’interview et la rencontre en profondeur sur l’autel du buzz.

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