Doc Shot : l’info face à elle-même

Les médias doivent-ils se réinventer pour survivre? Réponse dans un docu sans fake news.

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Une secousse été ressentie avec les réseaux sociaux. Pas au début, où les médias traditionnels se sont contentés de partager leurs contenus. Ça s’est passé quelques années plus tard, lorsque Facebook était déjà bien installé et qu’une étrange course à l’info a commencé. Il fallait faire vite, pour être avant l’autre. Il fallait aussi que l’info soit choc et facile à lire. Parce que sur les réseaux sociaux, l’info, ça se consomme comme une photo de vacances ou un « top 10 des meilleurs croque-monsieur de la capitale ». La secousse s’est alors transformée en séisme. L’analyse a disparu, en même temps que la relecture et, surtout, la vérification. Est donc venu le temps des fake news et de l’infobésité qui, petit à petit, ont rendu les médias prisonniers de leur propre piège. Au lieu d’appâter les foules, de leur montrer que le « social network » pouvait être un complément pertinent des plateformes d’info d’antan, ils ont créé un ras-le-bol et, pire, ont mis un temps dingue à imaginer des stratégies pour redresser la barre.

On grossit un peu les traits du tableau, bien sûr. Mais disons que dans l’ensemble, la presse s’est pris une belle dose de plomb dans l’aile, et elle l’a bien méritée. C’est l’analyse partagée par Anne-Sophie Novel, journaliste – notamment pour Le Monde – et instigatrice d’un documentaire qui évoque ce trop-plein ayant conduit au rejet. La question est claire: comment en est-on arrivé là? Le mal était-il latent, avant même l’explosion de Twitter & co? Quelle est la posture, désormais, que les médias appliquent? Entre le producteur et le consommateur d’info, le divorce est-il prononcé, ou la dispute est-elle passagère? L’enquête parcourt le monde et, du Danemark au Etats-Unis, interroge les penseurs d’une réinvention inéluctable. Passionnant, évidemment…

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