Mes filles, ma bataille

Odile Vuillemin en mère courage se bat pour protéger ses filles de leur père incestueux.

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Dans un contexte sociétal préoccupé par les violences sexuelles, le sujet d’Un homme parfait permet au Service public d’apporter sa contribution à l’éveil des consciences. Le film termine par ces chiffres: en France, 81 % des victimes de violences sexuelles sont mineures. Et dans 94 % des cas, les agresseurs sont des proches. La mission est claire, il s’agit d’inciter à libérer la parole, mais surtout à ouvrir les yeux. France 2 ose aborder ce sujet si difficile à entendre, l’inceste. Mais bien sûr avec le Service public, il ne s’agit jamais de rebuter le téléspectateur. Ainsi, et bien que la scène d’ouverture pose les choses telles qu’elles sont, c’est par le truchement d’un combat de femme, ayant choisi de ne pas laisser faire, que le récit nous est donné.

Odile Vuillemin incarne donc Daphné,  cette mère de deux enfants, heureuse dans son couple et épanouie professsionnellement, qui voit sa famille parfaite se désintégrer lorsque ses filles rompent le silence. En face, Maxime, l’homme parfait, ne laisse pas son masque se fissurer. Il manipule leur entourage et la police. La fiction glisse vers la bataille d’un couple en séparation. Un piège se referme sur la mère punie de croire en la parole de ses enfants. Le film, inspiré du roman Un fils parfait, de Mathieu Menegaux, pose la responsabilité de l’entourage et des institutions.

La place de la victime est ici très secondaire. Le traumatisme de l’enfant, sa psychologie et l’accompagnement vers la reconnaissance de son statut de victime semble encore compliqués à mettre en image. La réalisation s’efface au profit de son sujet. La popularité d’Odile Vuillemin le sert tout autant. L’actrice est toujours juste. Mais on retiendra surtout  les regards de Loïc Corbery, dans le rôle de ce père, prédateur sexuel.

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